« SQUID GAME » : JOUER SA VIE
Last Updated Date : 31 décembre 2021
Published Date:30 décembre 2021

La série télévisée coréenne Squid Game, lancée sur la plateforme de streaming Netflix, est près de dépasser les 150 millions de téléspectateurs dans le monde. Le réalisateur Hwang Dong-hyuk a dû attendre 12 ans avant de trouver quelqu’un pour financer son scénario, mais aujourd’hui sa création est en permanence sur les PC et les smartphones de millions d’adolescents et de jeunes, bien qu’elle ne soit pas doublée mais seulement sous-titrée. C’est un succès mondial qui a soulevé de nombreuses controverses et débats.

Le titre de la série rappelle un jeu auquel les enfants en Corée jouaient dans les années 1970 : deux équipes, l’une d’attaquants et l’autre de défenseurs, s’affrontent sur un terrain bordé par la figure stylisée d’un calmar. Les attaquants doivent conquérir le calmar, en occupant avec leurs pieds le triangle qui représente sa tête ; les défenseurs doivent résister aux attaques, même par la force, en essayant d’éliminer les attaquants, en les poussant pour maintenir leurs pieds hors du terrain. Le jeu du calmar s’ouvre, en noir et en blanc, sur un groupe d’enfants qui se bousculent à l’intérieur du périmètre du jeu, tandis qu’une voix hors champ énonce les règles : « Si le défenseur vous pousse hors de la ligne de délimitation du calmar, vous mourez ».

C’est là que se trouve la clé de l’histoire. Si le jeu a une valeur symbolique pour les enfants parce qu’il sert à favoriser leur développement social, émotionnel et cognitif à travers un système de règles, des intuitions créatives, des stratégies qui visent à obtenir la victoire tout en s’amusant, dans la série télévisée Squid Game, il prend la métaphore de l’existence dans toute sa tragédie dramatique, où l’on vit, mais où encore plus souvent l’on meurt.

Un monde de jeux

Le jeu est le leitmotiv de toute l’intrigue des neuf épisodes : le protagoniste Seong Gi-hun, interprété par l’acteur Lee Jung-jae, passe ses journées avec sa mère âgée, à parier sur des courses de chevaux et à s’endetter. Or, c’est toujours par le biais d’un jeu, le Ddakji, qu’il sera convaincu, avec l’illusion de l’argent facile, de rejoindre le groupe qui participera au jeu du Calmar. Transportés sur une île secrète, les 456 concurrents devront s’affronter dans des jeux enfantins : « un, deux, trois, étoile ! » tir à la corde, billes, « sauter par-dessus les vitres » ; et les concurrents qui seront éliminés des jeux mourront réellement. De plus, chaque concurrent tué fait aussi augmenter la cagnotte finale, le gagnant remportant 45,6 milliards de wons (environ 33 millions d’euros).

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