QU’EST-CE QUE LE CHEMIN SYNODAL ?  LA PENSÉE DU PAPE FRANÇOIS
Last Updated Date : 21 octobre 2021
Published Date:11 octobre 2021

 

L’Église de Dieu est réunie en Synode. Le parcours, intitulé « Pour une Église synodale : communion, participation et mission », s’ouvrira solennellement les 9-10 octobre 2021 à Rome et le 17 octobre suivant dans chaque Église particulière. Le 7 mars 2020, l’annonce est faite que François souhaite organiser la XVIe Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques en octobre 2022, sur le thème « Pour une Église synodale : communion, participation et mission ». À la fin du mois de mai, le Card. Mario Grech avait annoncé que l’Assemblée serait reportée d’un an, à 2023, en partie pour des raisons sanitaires, mais surtout pour privilégier une modalité différente et inédite. L’Assemblée se déroulera en trois phases, entre octobre 2021 et octobre 2023 : la première phase sera diocésaine, la deuxième continentale et la troisième universelle. Cette méthodologie, qui prévoit la rédaction de deux Instrumentum laboris différents, vise à impliquer tout le Peuple de Dieu dans ce processus synodal, dont les clés sont la participation, l’écoute et le discernement.

 

« L’histoire que nous devons contempler »

Nous nous souvenons des premiers mots du pontificat du pape François, prononcés depuis la loggia de Saint-Pierre au soir du 13 mars 2013, immédiatement après son élection : « Et maintenant, initions ce chemin : l’Évêque et le peuple. Ce chemin de l’Église de Rome, qui est celle qui préside toutes les Églises dans la charité. Un chemin de fraternité, d’amour, de confiance entre nous[1] ». Le pape a utilisé le mot « chemin » à trois reprises. Comme le rappelle la Commission théologique internationale, « chemin » fait partie de la racine du mot grec synodos qui, composé de la préposition syn et du substantif hodos, indique le chemin que les membres du peuple de Dieu parcourent ensemble[2]. En mettant en relation ces deux considérations, nous déduisons que « chemin synodal » signifie discernement et recherche de la volonté de Dieu, non seulement à titre personnel, mais en tant que communauté chrétienne, conformément à la suggestion de saint Jean Chrysostome : « Église est le nom du synode ».

Nous avons voulu rappeler les premiers mots du pontificat de François, pour souligner que la synodalité est le mot-clé de sa conception du ministère de l’Évêque de Rome et qu’elle est, en même temps, le fondement de sa perspective ecclésiologique, guidée par cette conviction : « Le chemin de la synodalité est justement celui que Dieu attend de l’Église du troisième millénaire[3] ».

Comme l’écrit le théologien Eloy Bueno, « la synodalité est une catégorie qui, dans la sphère ecclésiale, avait déjà assumé le droit de citoyenneté, mais dans une indéniable ambiguïté conceptuelle et terminologique. François introduit des critères de discernement et trace la voie à suivre[4] ». D’autre part, l’accent mis sur la synodalité, associé à l’idée d’une réforme de « l’Église en sortie » et missionnaire, a introduit dans le corps ecclésial une dynamique d’innovation qui a fait parler d’une nouvelle phase de la réception de Vatican II[5]

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