PSYCHOLOGIE DU CORONAVIRUS
Last Updated Date : 5 février 2021
Published Date:11 juin 2020

Les circonstances liées à l’épidémie de ces mois ont fait apparaître des comportements qui méritent d’être notés et renvoient aux critères de lecture de cet événement dramatique. Ce n’est pas un petit problème, car une attitude correcte est d’une grande aide lors d’une situation d’urgence. On peut relever quelques mesures qui ne sont pas nouvelles (dont certaines ont été répétées plusieurs fois ces derniers jours) mais pas du tout évidentes, y compris à la lumière des épisodes d’actualité de ces semaines.

 

Combattre la panique

La panique est une forme d’anxiété généralisée qui entraîne des comportements immédiats, mais irrationnels et surtout destructeurs. C’est un héritage de notre patrimoine biologique, lié à la peur, qui avertit en très peu de temps d’un danger avant que les processus réflexifs n’interviennent. Aussi importante que soit cette sonnette d’alarme, la complexité croissante de la vie humaine exige que les émotions soient éduquées, en les intégrant à la dimension sociale et culturelle. Sinon, la panique accroît la gravité des problèmes, comme on a pu le voir clairement lors des évasions précipitées d’une région à l’autre d’un pays, ou la ruée sur des produits dans les supermarchés (malgré les avertissements des autorités qui garantissent l’approvisionnement des articles de première nécessité). Tout cela, en plus de conduire à une pénurie injustifiée des ressources, contribue à répandre la contagion de façon exponentielle, créant, par ailleurs, des tensions et des rivalités entre les personnes. Le scénario semble être celui d’une lutte pour la survie, avec des résultats destructeurs, pour soi et pour autrui.

Pour affronter des menaces de ce genre, internes plutôt qu’externes, il est essentiel de s’arrêter et faire une évaluation, en exerçant la pensée critique. En ce qui concerne l’approvisionnement en nourriture et médicaments, il est plus sage, en particulier pour les personnes âgées, d’éviter les sorties et de se tourner plutôt vers des associations bénévoles (comme, par exemple, l’association Auser), qui se sont mises à disposition pour apporter ce dont on a besoin chez soi[1].

This article is reserved for paid subscribers. Please subscribe to continue reading this article
Subscribe

 

 

[1] « Anziani, la rete di assistenza regione per regione organizzata da Auser », la Repubblica, 18 mars 2020 (www.repubblica.it/solidarieta/ volontariato/2020/03/18/news/assistenza_anziani-251621623/ ; wwwl.auser.it).

[2] Le site de la Società Psicologi dell’Emergenza (SIPEM: www.sipemsos. org) indique les bureaux de chaque région, avec les adresses, les numéros de téléphone et les adresse e-mails. Le bureau national est situé à Rome, via Melpomene 22, 00133 Rome (tel. 06.233248671 ; 3395893978 ; sipemsos.fed@poste-certificate.it sipemsoslazio@ gmail com).

[3] Somme théol., IIª IIae, q. 136, a. 4, ad 2um.

[4] François, Message pour la 52e Journée mondiale des communications sociales, « La vérité vous rendra libres (Jn 8,32). Fake news et journalisme de paix », nº 1.

[5] Ibid., nº 2.

[6] Voici quelques sites de référence: www.protezionecibid.le.gov.it/servizionazionale/strutture-operative/volontariato/elenco-nazionale/centrale ; Organisation mondiale de la santé (OMS : www.who.int) ; Ministère de la santé (www.salute.gov.it/portale/home.html) ; Institut supérieur de la santé (ISS : www.iss.it) ; en particulier l’infographie « pillole antipanico ».

[7] Cf. S. C. Kobasa – S. R. Maddi – S. Kahn, « Hardness and Health », Journal of Personality and Social Psychology 42 (1982) 168-177.

[8] Cf. G. Cucci, « Fare niente », Civ. Catt 2020 II 20-29 ; A. Oliverio Ferraris « Resilienti. La forza è con loro », Psicologia contemporanea, nº 180, novembre-décembre 2003, 3.

[9] Cf. A. Oliverio Ferraris, La forza d’animo. Cos’è e come possiamo insegnarla ai nostri figli, Milan, Bur, 2003, 78-81.

[10] F. Furedi, Il nuovo conformismo. Troppa psicologia nella vita quotidiana, Milan, Feltrinelli, 2005, 158.

[11] Anna Oliverio Ferraris remarque : « Les solitaires risquent d’être plus vulnérables. Aider les autres, enfin, et se rendre utiles non seulement sert à d’autres, mais aussi à soi-même […]. Un style surprotéger, en principe, ne favorise guère la résilience, parce qu’il ne permet pas d’affronter les difficultés et la douleur et de trouver des solutions par soi-même » (A. Oliverio Ferraris, « Resilienti », 6 ; cf. G. Cucci, « Il capitale sociale. Una risorsa indispensabile per la qualità della vita », Civ. Catt. 2019 I 417-430).

[12] G. Ubbiali, « Dottoressa dica a mia moglie che la amo », Corriere della Sera, 17 mars 2020. Cela aussi est la mission spéciale de certains prêtres, comme le frère Aquilino Apassiti, religieux de 84 ans, aumônier de l’hôpital de Bergame : « L’autre jour, une dame, incapable de dire au revoir à son mari décédé, m’a demandé de faire ce geste. J’ai béni le corps de son mari, j’ai fait une prière, puis nous avons commencé à pleurer au téléphone. On ressent de la douleur dans la douleur. C’est un moment de grande épreuve » (« Coronavirus. Il frate: “Metto il telefono sulle salme e prego insieme ai parenti” » : www.avvenire.it/chiesa/pagine/fra-aquilino-apassiti-metto-telefono-sulle-salme-e-prego-insieme-ai-parenti).

[13] Cf. V. Frankl, Uno psicologo nei lager, Milan, Ares, 1975, 129 ; F. Nietzsche, Crepuscolo degli idoli, Milan, Adelphi, 1983, nos 12, 26.

[14] V. Frankl, Logoterapia e analisi esistenziale, Brescia, Morcelliana, 2001, 128 ; cf. Id., La sofferenza di una vita senza senso. Psicoterapia per l’uomo d’oggi, Leumann (To), Elledici, 1992.

[15] H. Murakami, 1Q84. Libro 1 e 2, Torino, Einaudi, 2011, 711.

[16] F. Benedetti, La speranza è un farmaco. Come le parole possono vincere la malattia, Milan, Mondadori, 2018, 11 s.

[17] Ibid., 92.

[18] Ibid., 97.

[19] Ibid., 98 s.

[20] Ibid., 99.

[21] I. Yalom, Il senso della vita, Vicenza, Neri Pozza, 2016, 30.

[22] Ibid., 32.

[23] Ibid., 34. Pour davantage, cf. G. Cucci, L’arte di vivere. Educare alla felicità, Milan, Ancora – La Civiltà Cattolica, 2019.

[24] Cf. H. Strupp – S. Hadley, « Specific vs nonspecific factors in psychotherapy. A controlled study of outcome », Archives of General Psychiatry 36 (1979) 1125-1136.

[25] A. Pearson, Ma come fa a far tutto ?, Milan, Mondadori, 2015, 251.

[26] P. Rodari, « Coronavirus, Papa Francesco : “Non sprecate questi giorni difficili” », la Repubblica, 18 mars 2020.