POUR UN HUMANISME NUMÉRIQUE
Last Updated Date : 5 février 2021
Published Date:27 mai 2020

Les innovations que l’introduction du numérique sous ses multiples facettes qui ne sont pas toujours faciles à séparer avec précision (ordinateur, web, robot, intelligence artificielle), présentent dans tous les domaines de la vie humaine sont infinies et fascinantes ; tout cela soulève également des questions pertinentes. La revue aussi a récemment traité de ces questions.

Depuis quelque temps déjà, de nouvelles découvertes technologiques sont capables d’accomplir très efficacement diverses tâches de la vie humaine. La vitesse et l’efficacité garanties par les ordinateurs pour gérer un nombre toujours croissant d’opérations de la vie ordinaire, qui semblent dépasser les capacités humaines, sont avérées : que l’on pense à l’organisation des connexions, à la vitesse de calcul, à la quantité d’informations rendues accessibles à partir des bases de données. La capacité de « mémoire » d’un ordinateur permet de trouver rapidement des informations qui, autrement, nécessiteraient des procédures complexes et laborieuses.

Sans nier ces avantages incontestables, il y a cependant d’autres aspects qui sont préoccupants lorsqu’on souhaite confier aux machines une part de décisions toujours plus large ; sans surprise, la plupart des films et des romans consacrés au sujet – ainsi que plusieurs essais scientifiques – mettent en garde contre une éventuelle « dictature numérique », qui réduirait l’être humain à devenir l’esclave des machines qu’il a construites.

Conscients de l’immensité et de la complexité de ce problème, mais aussi de son actualité, qui traverse des savoirs très différents, nous considérerons dans cet article certains domaines spécifiques de la vie humaine dans lesquels l’absence de contrôle peut entraîner de graves conséquences sociales ; et d’autres où l’apport de l’intelligence artificielle peut, au contraire, offrir une contribution non seulement utile mais aussi capable de corriger la volubilité humaine. Enfin, nous tenterons d’illustrer comment certaines activités de la vie ordinaire montrent une complexité mystérieuse qui se situe à un niveau qualitativement différent de l’intelligence artificielle.

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