L’ENSEIGNEMENT À DISTANCE ET L’AVENIR DE L’ÉCOLE
Published Date:12 novembre 2020

Avec espoir et une certaine inquiétude, le monde de l’école a recommencé en présentiel après le temps de l’« enseignement à distance » (EAD) traversé depuis mars dernier. Les indications diffusées par le Ministère[1] et par les Régions ont suggéré quelques mesures nécessaires pour protéger la santé et confié aux écoles, dans un rappel renouvelé de la législation sur l’autonomie scolaire, la tâche d’établir tous les aspects pratiques et organisationnels pour permettre la reprise des activités en présentiel.

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[1] Voir toutes les informations pour retourner à l’école en toute sécurité sur le site du ministère de l’Éducation : www.istruzione.it/rientriamoascuola/index.html

[2] C. Peralta, « I filosofi del contagio. Come gli intellettuali hanno capito il Covid-19 », Civ. Catt. 2020 II 417-428. L’auteur parle de la crise comme d’un « révélateur silencieux des réalités cachées », qui met de la lumière, révèle, ôte le voile, interroge la force et l’authenticité de nombreuses réalités.

[3] Il mondo che sarà. Il futuro dopo il virus, Rome, la Repubblica, 2020, en particulier l’introduction de Federico Rampini (p. 14).

[4] L’image forte utilisée par le Pape François dans le Message Urbi et Orbi lors du « Moment extraordinaire de prière en temps d’épidémie » sur le parvis de la basilique Saint-Pierre, le 27 mars 2020, est celle de la barque dans la tempête : « nous nous trouvons tous dans la même barque ». Cf. V. C. Denora, « La didattica digitale e la scuola del Covid-19 », Civ. Catt. 2020 III 109-122.

[5] Comme le P. Gianfranco Matarazzo, provincial des jésuites de la Province euro-méditerranéenne, nous étions « tous engagés dans un voyage “dans le désert”, exigeant et éprouvant, qui nous engageait avant tout à être “ensemble”, à être “unis” d’une autre façon, juste au moment où des “distances” sont mises entre nous » (G. Matarazzo, Una nuova terra in cui entrare, Lettera ai gesuiti, 26 avril 2020).

[6] Le pape François les cite souvent comme des personnages importants de la crise : « que d’enseignants montrent à nos enfants, par des gestes simples et quotidiens, comment affronter et traverser une crise » (Message Urbi et Orbi) ; « Nous avons vu l’onction versée par […] des éducateurs » (Lettre aux mouvements populaires, 12 avril 2010). Lors des Messes du matin, qui ont accompagné la pandémie de Sainte-Marthe, les enseignants ont été évoqués deux fois : le 24 avril et le 13 mai.

[7] G. Costa, « Ricominciare, con un altro sguardo », Aggiornamenti Sociali 71 (2020) 269-276.

[8] À titre d’exemple, nous citons : « Vogliamo fare scuola » (Nous voulons faire école, la campagne de sensibilisation et de réflexion promue par la FIDAE (Fédération italienne des activités éducatives), en collaboration avec d’autres associations liées au monde de l’enseignement catholique et non catholique : cf. www.fidae.it/vogliamofarescuola.

[9] François, Audience avec les écoles jésuites d’Italie et d’Albanie, 7 juin 2013.

[10] « Il semble opportun de proposer la révision des plans définis lors des sessions des conseils de classe et des départements au début de l’année, afin de remodeler les objectifs de formation en fonction des nouveaux besoins actuels » (Miur, nota prot. 388 du 27 mars 2020).

[11] D. Dolci, Poema umano, Turin, Einaudi, 1974.

[12] Ce processus peut être utilement indiqué avec les outils de la pédagogie jésuite. Cf. La Pedagogia Ignaziana. Introduzione alla pratica, in www. sjweb.info/documents/education/pedagogy_it.pdf.

[13] « Si l’élève n’est pas immédiatement informé qu’il a commis une erreur, ce qu’il a mal fait et pourquoi il l’a mal fait, l’évaluation devient un rite de sanction, qui n’a rien à voir avec l’enseignement, quelle que soit la forme sous laquelle il s’exerce. Mais l’évaluation a toujours aussi un rôle de valorisation, d’indication de procéder à une analyse approfondie, avec des rattrapages, des consolidations, de la recherche, dans une optique de personnalisation qui responsabilise les élèves, à plus forte raison dans une situation comme celle-ci » (Miur, nota prot. 388 du 27 mars 2020).

[14] Telle est la conception de l’humanisme classique et celle des jésuites. Cette conception est aussi à la base de l’idée d’une éducation transformatrice dont l’Amérique latine connaît des expériences très significatives et qui s’étend aujourd’hui aussi à l’Afrique. Nous nous souvenons en particulier du mouvement d’éducation populaire Fe y Alegria (cf. https ://bibliocalidad.feyalegria.org/es). L’éducation européenne et occidentale gagnerait beaucoup à redécouvrir une idée haute et intégrale de l’éducation, au-delà des logiques consuméristes et marchandes qui finissent par générer une démotivation vis-à-vis des propositions éducatives, une crise d’espoir, l’absence d’un projet capable de mobiliser les personnes et les communautés.

[15] François, Message à l’occasion du lancement du pacte éducatif, 12 septembre 2019.

[16] Cf. Id., Discours adressé aux participants au congrès mondial sur l’éducation, organisé par la Congrégation pour l’éducation catholique (des Instituts d’études), Salle Paul VI, 21 novembre 2015. http://www.vatican.va/content/francesco/fr/speeches/2015/november/documents/papa-francesco_20151121_congresso-educazione-cattolica.html