L’ÉCLIPSE DES DROITS DE L’HOMME. 70 ans après la “Déclaration universelle des droits de l’homme”
Last Updated Date : 5 février 2021
Published Date:17 juin 2020

70 ans se sont déjà écoulés depuis l’approbation, le 10 décembre 1948, par l’Assemblée générale des Nations unies — réunie à Paris, au palais de Chaillot —, avec la Résolution n° 217/III, de la « Déclaration universelle des droits de l’homme », qualifiée par ses rédacteurs de « Code de morale internationale ». La Déclaration naissait au terme de trois décennies terribles, au cours desquelles deux Guerres mondiales se sont déroulées, et au début de la « Guerre froide » et de la menace de l’utilisation des armes nucléaires entre superpuissances. Dans ce scénario historique, dans les années au cours desquelles — après l’Holocauste — avait jailli cette question cruciale : « Comment peut-on parler de Dieu, après Auschwitz ? », la Déclaration représente le rachat de la conscience sociale mondiale[1].

L’anniversaire que nous célébrons commémore un texte, structuré en un prologue et 30 articles, qui est un exemple rare d’élégance et de clarté juridique. Il représente non seulement un catalogue aseptique de droits, mais il offre également les critères — herméneutique et anthropologique — sur la base desquels il est possible de reconnaître les droits eux-mêmes comme « fondement de la liberté, de la justice et de la paix. »

René Cassin, l’un des pères de la Déclaration, aimait à la définir comme un « corollaire » du droit à la vie de tout individu. La Déclaration représente également une expérience de dialogue et la construction symbolique d’un seuil culturel pour « que l’homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l’oppression » (Préambule).

À partir de cette inspiration prodigieuse, la Déclaration continue de garantir dignité et justice et elle est le rempart contre toute discrimination de sexe, de race, de couleur, de langue, de religion et d’opinion politique. En outre, le droit aux soins médicaux, à l’instruction, à la libération de la faim et à ce que Jacques Maritain, l’un de ses rédacteurs, définissait comme le « développement intégral » y trouve un espace.

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