L’AGENDA 2030 POUR LE DÉVELOPPEMENT DURABLE ET LES RELIGIONS
Last Updated Date : 9 février 2021
Published Date:8 février 2021

Les Objectifs de développement durable (ODD), fixés en 2015 dans l’Agenda 2030, sont le résultat d’un long processus de délibération et reflètent un large consensus international sur les grands défis que l’humanité doit affronter au 21ème siècle[1].

Il est clair que les scientifiques, les économistes, les techniciens, les hommes politiques, les sociologues et même les militaires ont trop de raisons de s’intéresser aux ODD : la pollution, l’altération des régimes climatiques, la destruction de la couche d’ozone, la dégradation des sols, l’érosion, l’acidification des océans, la perte de la biodiversité, l’épuisement des ressources renouvelables et non renouvelables, le déséquilibre des cycles de l’azote et du phosphore – pour ne citer que quelques-uns des principaux problèmes et limitations planétaires rapportés par la communauté scientifique – sont des raisons déjà plus que suffisantes pour mobiliser toutes les principales composantes actives de la société.

La disponibilité de l’eau, la protection contre les rayons ultraviolets, la sécurité alimentaire, la propagation des maladies, la productivité agricole, la santé publique, les risques financiers, la stabilité politique, la sécurité naturelle et les flux migratoires sont des enjeux vitaux pour l’avenir de la civilisation. Ils sembleraient sans rapport mutuel, mais l’étude de nombreuses analyses spécialisées qui a conduit à la formulation des ODD a montré des rapports directs ou indirects.

Cependant, parmi les interlocuteurs remis en cause par l’Agenda 2030, la sous-estimation d’acteurs mondiaux très influents, comme les grandes traditions religieuses, est étonnante. Pour certains, cela est évident, car ils sont convaincus que les religions ne doivent pas être impliquées dans un débat technique sans rapport avec les questions de foi. En revanche, pour d’autres, l’exclusion de la religion des débats sur le développement et la durabilité est injustifiée, non seulement en raison des graves implications morales de ces questions, mais aussi parce qu’il est tout à fait clair que l’interlocuteur confessionnel ne peut être laissé de côté dans un monde où la grande majorité de la population ramène sa vision de la réalité à une tradition spirituelle, source de sens et guide éthique. Or, pour justifier l’entrée des religions dans le forum interdisciplinaire de la durabilité, il faut d’abord se demander : Quelles seraient les motivations de leur intérêt pour la question ? Qu’est-ce qui légitime l’intervention ? Et, surtout, en quoi consiste leur contribution potentielle ?

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[1] Cet article est basé sur nos travaux précédents : J. Tatay, Creer en la sostenibilidad. Las religiones ante el reto medioambiental, Barcelone, Cristianisme i Justícia, 2019.

[2] Cf. L. L. Rasmussen, Earth-Honoring Faith. Religious Ethics in a New Key, New York, Oxford University Press, 2013.

[3] Cf. H. Marlow, Biblical Prophets. Contemporary Environmental Ethics, New York, Oxford University Press, 2009.

[4] Cf. P. J. Crutzen, « Geology of Mankind », Nature, n° 415, 2002, 23.

[5] A Rabbinic Letter on the Climate Crisis, 29 octobre 2015. Cf. D. Howard, « Una dichiarazione islamica sul cambiamento climatico », Civ. Catt. 2015 IV 44-53.

[6] Cf. R. Read – S. Alexander – J. Garrett, « Voluntary Simplicity Strongly Backed by All Three Main Normative-Ethical Traditions », Ethical Perspectives 25 (2018) 87-116.

[7] « Bhumi Devi Ki Jai !». A Hindu Declaration on Climate Change, 23 novembre 2015.

[8] Cf. D. P. Scheid, The Cosmic Common Good : Religious Grounds for Ecological Ethics, Oxford, Oxford University Press, 2016.

[9] Bartholomée I, Discours à Santa Barbara, Californie, 8 novembre 1997. Cf. E. Theokritoff, « Green Patriarch, Green Patristics : Reclaiming the Deep Ecology of Christian Tradition », Religions 8 (2017) 16.

[10] Islamic Declaration on Global Climate Change, 18 août 2015.

[11] « Bhumi Devi KiJai !»

[12] The Road (2009) et Genesis Code (2010) sont de bons exemples de cette tendance. Le thème figure parmi les leitmotivs de films qui ont connu un grand succès, par exemple Avatar (2009) et Le Seigneur des anneaux (2001-2003). Le caractère « révélateur » et apocalyptique de la crise environnementale a été mis en évidence par C. Godin, La haine de la nature, Ceyzérieu, Champ Vallon, 2012.

[13] Cf. M. Schellenberger – T. Nordhaus, Love Your Monsters : Postenvironmentalism and the Anthropocene, Oakland, Breakthrough Institute, 2011.

[14] A Rabbinic Letter on the Climate Crisis.

[15] Cf. « Bhumi Devi KiJai !»

[16] Cf. J. Hart, Sacramental Commons. Christian Ecological Ethics, Oxford, Rowman & Littlefield, 2006.

[17] D. E. Christie, The Blue Sapphire of the Mind. Notes for a Contemplative Ecology, New York, Oxford University Press, 2013, 325.

[18] Cf. H. Clinebell, Ecotherapy : Healing Ourselves, Healing the Earth, Minneapolis, Fortress Press, 1996.

[19] The Time to Act is Now : A Buddhist Declaration on Climate Change, 14 mai 2015.

[20] Cf. D. Edwards, « “Sublime Communion” : The Theology of the Natural World in “Laudato si’” », Theological Studies 77 (2016) 377-391.

[21] Islamic Declaration on Global Chinate Change.

[22] Cf. J. Riechmann, Interdependientes y ecodependientes. Ensayos desde la ética ecológica (y hacia ella), Barcelone, Proteus, 2012.

[23] Cf. Thich Nhat Hanh, L’unico mondo che abbiamo. La pace e l’ecologia secondo l’etica buddhista, Florence, Terra Nuova Edizioni, 2010.

[24] A Rabbinic Letter on the Chinate Crisis.

[25] « Bhumi Devi Ki Jai !».