L’ACCORD ENTRE LA CHINE ET LE SAINT-SIÈGE
Last Updated Date : 29 octobre 2021
Published Date:27 octobre 2021

Le 22 septembre 2018, le Service de presse du Vatican a annoncé la signature d’un accord provisoire entre la République populaire de Chine et le Saint-Siège.

Il ne faut pas comprendre cet accord comme s’il s’agissait de la conclusion d’un processus. Nous sommes au début d’une mise en œuvre qui implique une vérification et une amélioration du texte.

Ici, nous tenterons d’abord de faire le point sur un itinéraire récent lié à la figure du pape François, qui a exprimé à plusieurs reprises son admiration pour la Chine et son désir de surmonter les obstacles à un dialogue solide et efficace. Nous verrons alors comment ce désir s’enracine dans les actions de ses prédécesseurs et que son engagement vise bien à développer ce qui a été semé par les précédents pontificats. Nous allons donc essayer d’évaluer le sens de l’accord, la logique et l’attitude qui le sous-tendent. Ensuite, nous énumérerons une série de défis positifs que la signature de cet accord relance.

 

François : Le désir de la Chine

Le 14 août 2014, le vol Alitalia qui amenait le pape François en Corée pour son voyage apostolique a survolé la Chine : pour la première fois, un pape fut autorisé à traverser son espace aérien. Dans le télégramme envoyé au président Xi Jinping, François écrivait : « En pénétrant dans l’espace aérien chinois, j’adresse mes meilleurs vœux à Son Excellence et à ses citoyens, et j’invoque les bénédictions divines de paix et de bien-être sur la nation ». Dans l’interview historique de Francesco Sisci pour Asia Times, publiée le 2 février 2016, le Pontife, rappelant ce moment, a déclaré : « Quand j’ai survolé la Chine pour la première fois, ils m’ont dit : “Dans dix minutes, nous entrerons dans l’espace aérien chinois et nous enverrons votre message”. J’avoue que j’étais très ému, ce qui ne m’arrive pas souvent. J’ai été ému par l’idée de survoler tant de culture et de sagesse ».

Pendant le vol de retour à Rome, François envoya avec émotion un deuxième télégramme au chef de l’État chinois : « Je souhaite vous renouveler, Monsieur le Président, ainsi qu’à vos citoyens l’assurance de mes meilleurs vœux, et j’invoque la bénédiction divine sur votre terre ».

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