LA REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO ET LE SOUDAN DU SUD Deux pays, de multiples facettes
Last Updated Date : 23 avril 2024
Published Date:24 janvier 2023
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Le premier point commun entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Soudan du Sud est qu’ils sont au cœur de l’Afrique, ou presque. Ils peuvent en outre avoir un autre point commun : les deux pays traversent des moments de crise politique et de violence depuis des années, avec des particularités propres. L’insécurité en RDC est plus marquée dans sa partie orientale, tandis qu’au Soudan du Sud, elle est généralisée.

La RDC, ce pays-continent au cœur de l’Afrique, aussi appelée Congo-Kinshasa, pour la différencier de Congo-Brazzaville, son voisin du nord-ouest, connait des crises à répétition depuis 1995, avec notamment les différentes rébellions qui ensanglantent l’Est du pays ces dernières années. Cette situation rend évidemment difficile le décollage de ce pays qui, en plus, connait aussi des crises politiques sans issue, notamment avec des élections toujours contestées et décriées.

Quant au Soudan du Sud, à peine l’indépendance acquise en 2011, au prix des tensions et des violences, il s’est embourbée dans des conflits de ses dirigeants depuis 2013. A court, moyen et long termes, on ne voit pas encore le bout de tunnel dans l’incertitude politique générée par les tensions au sommet de l’État.

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Que ce soit en RDC ou au Soudan du Sud, l’Église catholique s’active pour apporter sa contribution dans la marche du pays, à travers non seulement ses œuvres (pastorales, caritatives, sanitaires, éducationnelles, etc.), mais aussi dans la recherche de la paix et de réconciliation.

 

La République démocratique du Congo

Il est difficile de regarder la carte de l’Afrique sans remarquer ce grand pays au centre de ce continent : la République démocratique du Congo (RDC). C’est le second grand pays du continent, (2.345.000 km2), après l’Algérie. La RDC avait en 2020, 95.784.841 d’habitants[1], avec une densité de 44,8 hab./km2 (2021).  Elle a 9 pays limitrophes : Angola, Burundi, Centrafricaine (République), Congo (République du), Ouganda, Rwanda, Soudan, du Sud, Tanzanie, Zambie. Sa devise est : Justice, Paix, Travail. Celle-ci remplace celle de l’État indépendant du Congo qu’accompagnait le temps de la colonisation : l’Union fait la force, qui est en fait la devise de la Belgique[2]. L’unité monétaire du pays est le Franc congolais (CDF).

Sa capitale est Kinshasa qui compte environ 12.641.463 d’habitants[3]. Parmi les grandes villes ou cités que compte le pays, on peut citer : Lubumbashi, Mbuji-Mayi, Kananga, Kisangani, Bukavu, Tshikapa, Kolwezi, Likasi, Goma, Kikwit, Uvira, Bunia, Mbandaka, Matadi.

Avec un régime semi-présidentiel, ce pays a deux chambres législatives (Sénat et Assemblée nationale). Son Chef de l’État actuel est Félix Antoine Tshisekedi (depuis le 25 janvier 2019). Le 27 avril 2021, M. Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge est nommé Premier Ministre d’un gouvernement hétéroclite composé par l’Union sacrée, un conglomérat des plusieurs partis politiques.

Le français est la langue officielle de la RDC qui compte quatre langues nationales : lingala, kiswahili, kikongo et tshiluba. À ces quatre langues nationales, il faudrait ajouter environ plus de 400 langues tribales reparties dans les 26 provinces que compte la RDC.

Sur le plan religieux, la constitution du 18 février 2006 consacre que la République démocratique du Congo est un État laïc. Et les principales religions du pays sont : le catholicisme, le protestantisme, le kimbaguisme, l’islam, les « Églises de réveil », les religions traditionnelles.

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Une Église catholique bien présente

Dans sa configuration actuelle, l’Eglise-Famille de Dieu qui est en République du Congo a été érigée canoniquement en Délégation Apostolique au Congo par Sa Sainteté le Pape Pie XI par le décret « Ad regimen », le 10 janvier 1930. Par ailleurs l’érection canonique de la Nonciature Apostolique en RDC, a été faite par le Pape Jean XXIII, le 16 février 1963. L’actuel Nonce apostolique est Mgr Ettore Balestrero.

L’Église (catholique) de la RDC est structurée à travers la Conférence épiscopale nationale du Congo, CENCO, dont l’actuel président est Mgr Marcel Utembi Tapa, archevêque de Kisangani. Elle est composée de 48 diocèses répartis dans 6 provinces ecclésiastiques : Kinshasa, Bukavu, Mbandaka, Lubumbashi, Kisangani, Kananga[4].

Selon l’Annuaire 2020 de l’Église catholique en RDC, l’Église catholique, sur une population totale du pays, estimée à 87.652.670 habitants, les catholiques sont estimés à 45.496.553, donc 51,9%[5]. Et elle comptait en cette période 1.493 paroisses, 4.541 prêtres diocésains, 8.653 religieux, 8.564 religieuses. L’Église de la RDC compte deux bienheureux : Anuarite Nengapeta (béatifiée par le Pape Jean-Paul II le 15 août 1985 à Kinshasa) et Isidore Bakanja (béatifié par le Pape Jean-Paul II à Rome, le 24 avril 1994).

L’Église de la RDC a un rite reconnu par le Saint-Siège sous le nom de « Missel Romain pour les Diocèses du Zaïre », que souvent on appelle « rite zaïrois » ou « rite congolais ». Il avait été approuvé par la Congrégation pour le Culte Divin le 30 avril 1988. Le 1er décembre 2019, le Pape François avait présidé, dans la Basilique Saint Pierre, une messe en ce rite pour la communauté congolaise à Rome et en Italie. « Il est, jusqu’à présent, l’unique rite inculturé de l’Église latine approuvé après le Concile Vatican II. Le rite zaïrois du Missel Romain est retenu comme un exemple d’inculturation liturgique. »[6], soutient le Pape François. Il estime que l’exemple du rite zaïrois, où on sent vibrer, dans la célébration, « une culture et une spiritualité animées par des chants religieux au rythme africain, le son des tambours et d’autres instruments musicaux qui constituent un vrai progrès dans l’enracinement du message chrétien dans l’âme congolaise », suggère une voie prometteuse qui peut aider pour élaborer éventuellement un rite amazonien[7].

 

L’engagement de l’Église qui ne se tait jamais

L’Église de la République démocratique du Congo contribue grandement à la vie du pays. Sa présence dans le domaine de l’enseignement et de la santé est prépondérante. En dehors de son université, l’Université Catholique au Congo, (UCC), l’Église catholique en RDC, comptait au cours de l’année 2019-2020, 775 écoles maternelles (58.710 élèves), 13.878 écoles secondaires (4.759.170 élèves) et 5.298 écoles secondaires (1.312.099 élèves). L’ensemble de ces élèves sont encadrés par 269.228 enseignants[8].

Dans le secteur de la santé, l’Eglise-Famille de Dieu qui est en RDC gère ses propres structures avec notamment 187 hôpitaux, 1.368 centres de santé repartis à travers le pays dans 515 zones de santé établies par l’État congolais. Il faudrait remarquer que 90% des structures de santé qui couvrent les milieux ruraux de la RDC sont catholiques.

Dans le cadre de l’engagement pour la justice et la paix, l’Église congolaise est très active pour rappeler aux politiques leur devoir envers la société.[9] C’est dans cette optique que l’on peut remarquer différents messages, déclarations et prises de positions de l’épiscopat congolais. Ces derniers temps, les évêques congolais, avec l’Église du Christ au Congo (les protestants) ont levé leur voix pour éviter toute contestation anticipée des élections. Il persiste encore en effet de divergences sur divers points pour l’organisation des élections en 2023. Le but de l’Église catholique, en collaboration avec les protestants, est d’amener tous les protagonistes à un consensus sur certaines questions essentielles pour des élections apaisées et transparentes.

Pour les évêques de la RDC, en effet, le bien-être du peuple congolais et la cohésion nationale dépendent de la réussite du processus électoral dont l’objectif est l’organisation des élections crédibles, inclusives, transparentes et apaisées. Les évêques déplorent régulièrement la politisation de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI). Il y a ainsi un climat de méfiance mutuelle, avec comme autres conséquences : élections contestées, risque de troubles populaires qui mettent à l’épreuve la cohésion nationale et la paix sociale. Les évêques congolais insistent donc sur l’indépendance de la CENI et la transparence.[10]

Il faudrait faire remarquer que lors des élections précédentes, les évêques de la RDC ont toujours eu à donner leur position quand le processus électoral était en péril ou ne reflétait pas la volonté exprimée par le peuple. Les élections de 2018 ont été fort contestées. Et l’Église a haussé le ton à plusieurs reprises, notamment après les élections.

Certains reprochent ainsi aux prélats de l’Église catholique d’être des perpétuels contestateurs des résultats des élections. Lors des élections de 2011, les évêques de la RDC avaient estimé que les résultats n’étaient conformes ni à la justice ni à la vérité. Les élections de 2006, avaient le même problème de transparence. La Conférence épiscopale nationale du Congo avait dénoncé des irrégularités constatées dans la préparation des scrutins et avait menacé de ne pas reconnaître la validité des élections du 20 juillet 2006 si ces irrégularités n’étaient pas corrigées[11]. Et au second tour de l’élection présidentielle, qui a eu lieu le 29 octobre 2006, le candidat malheureux, Jean-Pierre Bemba (41,95%), après la victoire de Joseph Kabila (58,05%), indiqua qu’il ne pouvait accepter les résultats qui étaient loin de refléter la vérité des urnes[12].

Estimant être cohérents avec eux-mêmes, les évêques congolais soutiennent, par la voix de leur président Mgr Marcel Utembi, archevêque de Kisangani qu’au bout d’un processus électoral, la volonté du peuple exprimée dans les urnes soit respectée. Il avait déclaré en 2019 : « Malheureusement, force est de constater qu’en 2006, 2011 et aussi, je dois le dire fermement, en 2018 les choses ne se sont pas passées comme le peuple l’attendait. C’est une question de conscience. C’est une question de justice. Quand la justice est déstabilisée et remise en question quelque part, l’Église qui est appelée à défendre les valeurs, à défendre la moralité et l’éthique dans le comportement social, – cette Église – ne pourra jamais se taire hier, aujourd’hui et demain. »[13].

 

Accord-cadre entre le Saint-Siège et la RDC

Le 20 mai 2016, le Saint-Siège et la RDC ont signé, au Vatican, un accord-cadre qui couvre de nombreux domaines, dont les institutions catholiques d’enseignement, l’enseignement de la religion dans les écoles, les activités caritatives et de bienfaisance de l’Église, les aumôneries militaires, pénitentiaires et hospitalières, le régime foncier et fiscal, l’obtention de visas d’entrée et de séjour pour le personnel religieux. Cet accord-cadre a été ensuite ratifié le 17 janvier 2020 lors de la visite officielle du président Félix Tshisekedi au Vatican.

En guise de la mise en application de cet accord-cadre, plusieurs accords spécifiques dans différents domaines ont été signés, le 02 juillet 2022, entre le gouvernement de la RDC et la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) : santé et assistance médicale ; facilités fiscales et douanières ; activité pastorale dans les établissements pénitentiaires et établissement de garde et d’éducation de l’État ; éducation ; activité en faveur des orphelins et personnes de troisième âge, celles vivant avec handicap et autres personnes vulnérables.

Avant cet accord-cadre, il n’existait que la Convention entre le Saint-Siège et l’État Indépendant du Congo, signée le 26 mai 1906, pour de favoriser la diffusion du catholicisme au Congo. Cette Convention prévoyait notamment que l’État du Congo devait concéder aux établissements de missions catholiques au Congo les terres nécessaires à leurs œuvres religieuses[14].

 

Violences contre l’Église

L’Église de la RDC n’a jamais été en répit pour dénoncer les injustices de toutes sortes, la corruption, la violence. Mais elle a été elle-même victime de plusieurs exactions, arrestations, tueries, surtout dans la période précédant les élections de 2018. À titre d’illustrations : deux prêtres, Charles Kipasa et Jean-Pierre Akili, avaient été kidnappés dans la nuit du dimanche 16 au lundi 17 juillet 2018 dans le diocèse de Beni-Butembo, dans l’est du pays[15] ; l’abbé Étienne Sengiyumva, curé de la paroisse de Kitchanga (dans la province du Nord-Kivu) a été tué le dimanche 8 avril 2018 alors qu’il célébrait une messe avec les sacrements de baptême et de mariage[16] ; le père Sébastien Yebo (passioniste), avait été enlevé le 3 février 2018 par la police après la messe, dans la périphérie de Kinshasa[17] ; le dimanche 31 décembre 2017, les policiers et des militaires lourdement armés avaient fait usage de la force (jugé excessif par les ONGs de droits de l’homme), en tirant notamment des gaz lacrymogènes et à balles réelles pour interrompre les services religieux et empêcher des processions pacifiques organisées pour réclamer que le président Joseph Kabila ne puisse se représenter pour un troisième mandat. Il y a eu des morts et des blessés[18]. « Du jamais vu », disait le Cardinal Laurent Monsengwo Pasinya, alors archevêque de Kinshasa, évoquant cette situation.

 

L’Est instable d’un pays meurtri par des rébellions et groupes armés

La violence qu’a subie l’Église en RDC n’est pas un cas isolé. Elle entre dans la ligne de l’instabilité qui sévit l’Est de ce pays, avec les rébellions et les milices armées qui se sont succédé depuis 1995 et qui ne se comptent plus. Un pays donc éprouvé. Les contours de ces guerres et rebellions sont difficiles à cerner. Malgré la présence de forces de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo, Monusco, la RDC connait une grande instabilité.

Le gouvernement de la RDC et des observateurs internationaux accusent régulièrement les pays voisins, dont le Rwanda, d’appuyer certaines rebellions afin d’exploiter notamment les ressources minérales, déstabiliser le pays et le balkaniser[19].

L’exploitation illégale des richesses minières[20] et les conflits interethniques sont donc régulièrement pointés du doigt comme causes principales d’une telle instabilité. Ces conflits, en plus de provoquer tant de morts, de déplacements, de souffrances, occasionnent aussi des violences sexuelles. Dr Denis Mukwege, prix Nobel 2018, ne cesse d’appeler les autorités de son pays ainsi que la communauté internationale à mettre fin à la culture de l’impunité qui alimente les conflits en RDC depuis les années 1990. Pour lui, la violence sexuelle dans les zones de conflits à l’Est de la RDC touche au symbole de ce que l’humanité a de plus cher[21]. Le Dr Mukwege, pour combattre les violences faites à la femme pendant les conflits armés, insiste instamment pour que la communauté internationale mette en place un tribunal pour juger les responsables de ces violences telles que décrites dans le projet du rapport Mapping[22].

L’instabilité de l’Est de la RDC a fait tant des victimes nationales et étrangères. On a déploré par exemple le décès dans cette partie du pays de l’ambassadeur d’Italie en RDC, M. Luca Attanasio[23].

 

RDC, un pays potentiellement riche mais instable

En plus de sa grande richesse avec la forêt du bassin du Congo (deuxième massif forestier tropical après la forêt amazonienne) qu’elle partage avec cinq autres pays (le Cameroun, la République centrafricaine, la République du Congo, le Gabon et la Guinée équatoriale), la RDC possède des gisements d’une cinquantaine de minerais recensés, mais seulement une douzaine de ces derniers est exploitée. Il s’agit du cuivre, du cobalt, de l’argent, de l’uranium, du plomb, du zinc, du cadmium, du diamant, de l’or, de l’étain, du tungstène, du manganèse et quelques métaux rares comme le coltan.

Cependant, la croissance économique de ce pays qui atteignait 4,4 % en 2019, avant la pandémie de COVID-19, a chuté à 0,8 % en 2020, selon les estimations de la Banque mondiale. Par contre, l’industrie minière a progressé de 6,9 % en 2020 (contre 1 % en 2019). Pendant ce temps, les autres secteurs économiques se sont contractés de 1,6 %, après une progression de 5,7 % en 2019. Quant à la consommation privée et les investissements publics, elles ont reculé respectivement de 1 % et 10,2 % en 2020. L’épidémie de la Covid-19 y est pour beaucoup. En effet, pendant la période de la pandémie, le gouvernement de la RDC a dû engager d’importantes dépenses, alors même que les recettes ont diminué en raison de la baisse de l’activité économique et du recours prolongé à des mesures d’allégement fiscal, provoquant un déficit budgétaire de 1,9 % en 2020. En sus, l’encours total de la dette publique extérieure et intérieure a augmenté en 2020, pour atteindre respectivement 15,9 % et 8,9 % du PIB[24].

Malgré les potentialités de richesses naturelles, le quotidien de la population congolaise est marqué par le problème de chômage, de la pauvreté des ménages, d’accès à l’eau potable, d’accès au service de santé de qualité, du système éducatif de qualité et des infrastructures de base comme les routes, les aéroports, les ports, etc. Ce pays a connu une résurgence de l’épidémie d’Ebola de 2018-2020 due à la persistance du virus notamment dans l’Est du pays et dans la région de l’Équateur.

Dans un autre registre, la RDC occupe le 176e rang sur 188 dans l’Indice de Développement humain (IDH), selon le Programme des Nations Unies pour le développement, (PNUD)[25]. Et l’espérance de vie pour ce pays est de 61 ans (2020)[26].

 

 

Soudan du Sud : pays si jeune, si problématique

Le Soudan du Sud a une superficie totale de 644.330 km², avec une population estimée à 10.748.278 (2021), ayant comme capitale Juba (ou Djouba) avec environ 500.000 habitants. Ce pays, qui a eu son indépendance le 9 juillet 2011[27], a 6 pays voisins : Centrafrique, République démocratique du Congo, Éthiopie, Kenya, Soudan et Ouganda. Sa devise (monétaire) est la livre sud-soudanaise. L’anglais est la langue officielle du pays. Il faudrait aussi ajouter l’arabe (parlé surtout à Juba avec des variantes soudanaises) et les langues régionales comme le dinka, le nuer, le Bari, le zande, le shilluk. Le président actuel du Soudan du Sud est Salva Kiir Mayardit. Il est le premier président du pays depuis son indépendance. De 2005 à 2011, il fut le président de la région semi-autonome du Soudan du Sud et le vice-président du gouvernement national soudanais.

Du point de vue religion, il y a 60,5% des chrétiens, 32,9% des religions traditionnelles africaines, 6,2% des musulmans et 0,4% des autres religions. Les principales villes sud-soudanaises, à part la capitale Juba, sont Wau et Malakal. L’espérance de vie dans ce pays est de 58 ans (Banque mondiale, 2020)[28].

 

Un pays déchiré par les conflits des chefs

Le Soudan du Sud est un pays qui, deux ans à peine après son indépendance, a sombré dans la guerre civile en 2013. Tout est parti du fait que le président Salva Kiir, de l’ethnie dinka, a accusé Riek Machar, son vice-président, membre de l’ethnie nuer, de préparer un coup d’État contre lui. Depuis lors, le pays a sombré dans les « guerres des clans » et des conflits sanglants, surtout entre 2013 et 2018. On estime à 400.000 le nombre de personnes ayant trouvé la mort au cours de cette période, sans compter des millions des personnes obligées de fuir ou de se déplacer.

L’accord de paix signé entre les belligérants en 2018, pour le partage du pouvoir, n’a pas mis fin complétement à la rivalité entre Salva Kiir et Riek Machar. Et vu que la situation politique n’est pas encore sereine dans ce pays, le Conseil de sécurité de l’Onu avait prorogé jusqu’au 31 mai 2023 l’embargo sur les armes, l’interdiction de voyager et le gel des avoirs imposés au Soudan du Sud depuis 2018[29].

Pour le moment, les observateurs estiment que la situation intérieure du Soudan du Sud continue à se dégrader avec notamment des violences de grande ampleur qui subsistent au niveau local. Le cessez-le-feu entre les belligérants se brise régulièrement. En même temps, la situation humanitaire est alarmante. Environ 9 millions de Sud-Soudanais (soit près de 75% de la population du pays) ont urgemment besoin d’aide en cette année 2022. En sus, 2,34 millions de Sud-Soudanais se sont réfugiés dans les pays voisins. Les droits de l’Homme sont constamment violés, surtout ceux des femmes[30].

 

Une économie fragile

L’économie sud-soudanaise, entre ultra-dépendance pétrolière et des infrastructures quasi-inexistantes, a été touchée de plein fouet par la pandémie de Covid-19. En outre les invasions de criquets pèlerins, la chute des prix du pétrole et trois années consécutives d’importantes inondations n’ont pas épargné ce pays déjà frappé par les conflits. Après s’être contractée à -6,6 % en 2020, la croissance du PIB a rebondi à 5,3 % en 2021, dopée par la hausse des prix du pétrole. Selon les estimations du FMI, la croissance économique devrait grimper à 6,5 % en 2022 avant de redescendre à 5,6 % en 2023.

En 2021, l’économie du Soudan du Sud a commencé à se redresser, soutenue par la hausse des prix du pétrole. Les autorités sud-soudanaises ont mis en place un programme de réformes visant à rétablir la stabilité macroéconomique en renforçant la discipline budgétaire, en supprimant les distorsions sur le marché des changes et en améliorant la transparence avec l’aide du Fonds Monétaire International (FMI). La valeur de la livre sud-soudanaise s’est stabilisée et l’écart entre les taux parallèles et officiels a été éliminé. D’un déficit budgétaire estimé à 7 % du PIB pour l’exercice 2020/21, un excédent de 2,6 % du PIB est attendu pour l’exercice 2021/22, principalement à cause du recouvrement des revenus pétroliers et de la réduction des paiements de l’accord financier transitoire au Soudan[31].

 

 

Une Église catholique au milieu des conflits

L’Église catholique au Soudan du Sud compte une seule province ecclésiastique, avec l’archidiocèse de Juba et ses six diocèses suffragants : Wau, Rumbek, Malakal, Tombura-Yambio, Yei et Torit. Malgré l’indépendance du Soudan du Sud, l’Église catholique du Soudan du Sud, du point de vue ecclésiastique est rattachée au Soudan (archidiocèse de Khartoum et ses deux diocèses suffragants). Les évêques des deux pays forment ainsi la Conférence épiscopale du Soudan et du Sud-Soudan.

Le Saint-Siège et la République du Soudan du Sud, d’un commun accord, ont décidé, le 22 Février 2013, d’établir des relations diplomatiques au niveau de nonciature apostolique (Saint-Siège) et d’ambassade (République du Sud-Soudan). Ainsi, la nonciature apostolique a été créée le 1er mai 2013 suivant la bulle firmiores quo du Pape François[32].

La pastorale de l’Église du Soudan du Sud est, depuis plusieurs années, tournée vers la réconciliation et la paix, dans un environnement caractérisé par les violences, les hostilités, les conflits entre dirigeants du pays et les groupes ethniques. Cette situation crée un climat de division, de suspicion entre les Sud-soudanais. Ainsi, l’Église soudanaise, malgré les conditions complexes dans lesquelles elle travaille, continue son œuvre d’évangélisation pour panser les plaies sociales et multiformes provoquées par des conflits armés et des conditions socio-économiques difficiles. Ses services se concrétisent notamment à travers la Caritas, le service pour les déplacés ou les réfugiés, les écoles et les centres de santés.

L’Église catholique reste ainsi en première ligne pour la justice et la paix au Soudan du Sud. Les missionnaires comboniens sont parmi ceux qui ont participé à l’évangélisation du Soudan du Sud et contribuent aussi à la construction de cette jeune nation. Les Missionnaires comboniens du Cœur de Jésus et les Sœurs missionnaires comboniennes ont en effet eu, depuis plusieurs années des activités pastorales immenses au Soudan et maintenant dans le Soudan divisé : Soudan et Soudan du Sud. Ils contribuent encore aujourd’hui dans le ministère d’évangélisation de la nation, en mettant l’accent sur l’éducation, la santé et l’administration des sacrements.

Dans certains coins du pays, les écoles des comboniens sont les seules écoles à ouvrir les portes aux jeunes Sud-Soudanais. Toujours dans ce secteur, les comboniens aident les enfants réfugiés Sud-Soudanais à retourner à l’école. Outre l’enseignement, les missionnaires comboniens au Soudan du Sud sont également engagés dans l’apostolat de la santé (hôpitaux et centres de santé)[33].

 

Besoin de paix

L’Église Catholique s’efforce de lutter afin que la paix la justice, la paix et la réconciliation règnent dans le Soudan du Sud[34]. Elle collabore, dans un esprit œcuménique, avec les autres confessions religieuses.

Il sied de souligner en effet qu’un des ciments identitaires du Soudan du Sud est l’appartenance de la grande partie de sa population au christianisme, autour de deux Églises principales : l’Église catholique et l’Église Épiscopale. Et depuis le début du conflit ou guerre civile dans ce pays, en décembre 2013, le facteur d’appartenance religieuse n’a pas déchiré la population. Les parties prenantes n’ont donc pas pris les armes au nom de la religion[35].

Les évêques promeuvent la paix et la réconciliation dans un pays où la population est physiquement, psychologiquement et spirituellement traumatisée, et ils exhortent les dirigeants politiques au dialogue[36]. Le 27 juillet 2021, par exemple, une délégation d’évêques sud-soudanais avait rencontré le président Salva Kiir et a rappelé à leur hôte l’importance d’impliquer les chefs religieux dans le processus de réconciliation, de justice et de paix entre les belligérants Sud-Soudanais. Il est à noter que, se déclarant chrétien catholique, le président Kiir, entretient plutôt de bons rapports avec l’Eglise-Famille de Dieu qui est dans son pays[37]. Toujours dans l’élan de pacifier le pays, l’Association des supérieurs religieux du Soudan du Sud (RSASS), avait inauguré en 2016, un centre de la paix à Kit, dans l’archidiocèse de Juba[38].

Outre les efforts de l’Église particulière du Sud-Soudan, l’Église universelle œuvre aussi pour ramener une paix véritable dans ce pays[39]. C’est le cas de la Communauté de Sant’Egidio qui s’est engagée depuis plusieurs années à faciliter le dialogue politique entre tous les politiciens Sud-Soudanais, en organisant des réunions avec le Comité national de pré-transition (NPTC), l’organe chargé de la mise en œuvre de l’accord de paix. En novembre 2019, la Communauté Sant’Egidio avait organisé une réunion des non-signataires qui ont voulu déclarer publiquement leur engagement au dialogue politique avec le gouvernement et les signataires afin d’éviter toute forme d’affrontement armé.

La déclaration de Rome signée le 12 janvier 2020 par le gouvernement du Soudan du Sud et les mouvements d’opposition qui se sont engagés à respecter la cessation des hostilités et d’engager un dialogue politique est une étape fondamentale pour parvenir à la paix et à la stabilité au Soudan du Sud[40]. Et du 15 au 18 juillet 2021, cette association de fidèles catholiques engagée dans la lutte contre la pauvreté et le travail pour la paix avait accueilli à Rome des pourparlers de paix entre le gouvernement de transition d’unité nationale du Soudan du Sud, l’Alliance des mouvements d’opposition du Soudan du Sud, et d’autres mouvements d’opposition, en présence d’observateurs de la communauté internationale pour poursuivre l’Initiative de Rome. Au cours des quatre jours, les parties ont signé deux documents : la feuille de route pour l’inclusion de deux partis politiques, Real SPLM et SSUF/A, dans le mécanisme de vérification du cessez-le-feu et la feuille de route du dialogue politique sur les causes du conflit[41]. Cependant, le 21 novembre 2022, le gouvernement de transition a décidé de se retirer de la table des négociations.

Le cheminement du Soudan du Sud depuis son indépendance montre que ce pays a encore besoin de stabiliser sa marche vers la paix et la réconciliation. Au niveau politique, les facteurs favorisent la confiance mutuelle entre les protagonistes politiques sont plutôt de faible pondération. La communauté internationale s’efforce à aider ce pays à rester debout. Pour sa part, l’Église catholique, avec les autres religions, œuvre pour éviter la désagrégation sociale et cherche à favoriser la cohésion, tout en soulageant la misère multiforme de la population sud-soudanaise. Deux mots sont essentiels à ce pays : guérison et réconciliation.

 

Conclusion

Pourrait-on tracer les grandes lignes de ces deux pays, la RDC et le Soudan du Sud, sans soulever les questionnements qui suggèrent des solutions aux problèmes majeurs qui sont le dénominateur commun de ces deux pays ? En effet, il est difficile de parler aujourd’hui de la RDC, du Soudan du Sud, sans faire allusion à l’instabilité à l’Est du pays pour le premier, et les conflits des dirigeants doublés de violences interethniques pour le second.

Que faire afin que ces deux pays profitent de leurs richesses naturelles et aspirent à la paix et au développement ? Quel rôle doivent jouer les religions et la communauté internationale pour accompagner ces deux pays presque essoufflés ? Il n’y a pas une réponse unique à chacune de ces questions mais celles-ci montrent la complexité des situations. Les attentes des populations de ces deux pays sont énormes : paix, développement, sécurité, fin de violence ciblée, surtout envers les femmes. Il serait irresponsable de fermer les yeux et de se boucher les oreilles devant une telle situation.

 

 

[1] Cf Afrique in https://www.populationdata.net/continents/afrique/

[2] Cf. I. NDAYWEL è NZIEM, Histoire du Congo. Des origines à nos jours, Le Cri, 2011, p. 18.

[3] Cf. https://www.populationdata.net/palmares/villes/afrique/

[4] Les 6 Provinces ecclésiastiques et leurs diocèses : Kinshasa (Archidiocèse de Kinshasa, Diocèses de Boma, Idiofa, Inongo, Kenge, Kikwit, Kisantu, Matadi, Popokabaka ; Bukavu (Archidiocèse de Bukavu, diocèses de Butembi-Beni, de Goma, de Kasongo, de Kindu, d’Uvira) ; Mbandaka (Archidiocèse de Mbandaka-Bikoro, Diocèses de Basankusu, Bokungu-Ikela, Budjala, Lisala, Lolo, Molegbe) ; Lubumbashi (Archidiocèse de Lubumbashi, Diocèses de Kalemie-Kirungu, Kamina, Kilwa-Kasenga, Kolwezi, Kongolo, Manono, Sakania-Kipushi) ; Kisangani (Archidiocèse de Kisangani, Diocèses de Bondo, Bunia, Buta, Dungu-Doruma, Isangi, Mahagi-Nioki, Isiro-Niangara, Wamba) ; Kananga (Archidiocèse de Kananga, Diocèses de Kabinda, Kole, Luebo, Luiza, Mbuji-Mayi, Mweka, Tshilomba, Tshumbe).

[5] Les statistiques pour savoir le nombre exact de la population congolaise est difficile à trouver car c’est depuis plusieurs années qu’il n’y a plus de recensement. Les chiffres varient donc d’une source à l’autre.

[6] Pape François, « Préface », in R. MBOSHU KONGO (Ed.), Le Pape François et le « Missel Romain pour les Diocèses du Zaïre ». Un rite prometteur pour d’autres cultures, Libreria Editrice Vaticana, 2022, p.3.

[7] Pape François, idem.

[8] Ces chiffres sont fournis par la Coordination Nationale des Ecoles Conventionnées Catholiques dépendant de la Commission épiscopale pour l’Education Chrétienne de la Conférence épiscopale nationale du Congo. (21 mai 2021)

[9] Cf. C. MAKIOBO, Eglise catholique et mutations socio-politiques au Congo-Zaïre. La contestation du régime de Mobutu, Paris, L’Harmattan,2004.

[10] Cf. « Communiqué de presse publié à l’issue de la session extraordinaire du Comité permanent de la CENCO », in Cenco, (https://www.cenco.org/communique-de-presse-de-la-session-extraordinaire-du-comite-permanent-de-la-cenco/), 29/11/2021.

[11] Cf. « Les prélats exigent de corriger les irrégularités », in cath.ch, (https://www.cath.ch/newsf/congo-rdc-les-eveques-inquiets-a-la-veille-des-elections/), 21/07/2006.

[12] Cf. LE MONDE avec AFP et Reuters, « Jean-Pierre Bemba conteste les résultats de l’élection présidentielle congolaise », in Le Monde, (https://www.lemonde.fr/afrique/article/2006/11/16/jean-pierre-bemba-conteste-les-resultats-de-l-election-presidentielle-congolaise_835431_3212.html), 16/11/2006.

[13] Cf. JP. BODJOKO, SJ, « RD Congo : « La Vérité sera toujours la vérité », dit Mgr Utembi », in Vaticannews.va (https://www.vaticannews.va/fr/afrique/news/2019-03/rd-congo-la-verite-sera-toujours-la-verite-dit-mgr-utembi.html), 02/03/2019.

[14] Cf. ED. DE JONGHE, « Les Missions Religieuses au Congo Belge », dans Congo 1933, I, p. 14-15.

[15] Cf. L. BESMOND DE SENNEVILLE (avec AFP), « Deux prêtres enlevés dans l’est de la RDC », in La Croix, (https://www.la-croix.com/Religion/Catholicisme/Monde/Deux-pretres-enleves-lest-RDC-2017-07-17-1200863548), 17/07/2017.

[16] Cf. JEUNE AFRIQUE avec AFP, « RDC : un prêtre catholique assassiné après la messe par de présumés miliciens », in Jeune Afrique, (https://www.jeuneafrique.com/549538/politique/rdc-un-pretre-catholique-assassine-apres-la-messe-par-de-presumes-miliciens/), 09/04/2018.

[17] TV5MONDE avec AFP, « RDC : libération du prêtre arrêté à Kinshasa », in TV5Monde, (https://information.tv5monde.com/afrique/rdc-liberation-du-pretre-arrete-kinshasa-218497), 04/02/2018.

[18] Cf. HRW, « RD Congo : Les forces de sécurité ont tiré sur des fidèles catholiques », in HRW, (https://www.hrw.org/fr/news/2018/01/20/rd-congo-les-forces-de-securite-ont-tire-sur-des-fideles-catholiques) 20/01/2018.

[19] Cf. L. LARCHER, « À l’ONU, Kinshasa accuse le Rwanda d’agression », in LA CROIX, (https://www.la-croix.com/Monde/A-lONU-Kinshasa-accuse-Rwanda-dagression-2022-09-21-1201234279), 21/09/2022. Ajoutons à ce sujet qu’à l’issu de leur session extraordinaire de l’assemblée générale du 07 au 09 novembre 2022, les évêques de la RDC, dans leur déclaration « L’heure est grave. Notre pays est en danger (cf. Néh2,17) », avaient exhorté les chrétiens de tous les diocèses à jeûner, à prier et à poser des gestes de solidarité envers les déplacés, mais aussi à organiser des marches pacifiques pour dire non à la balkanisation de leur pays, et signifier que la souveraineté et l’intégrité territoriale de leur pays n’étaient pas négociables.

[20] On peut lire à ce sujet : B. GIBLIN (Sous la direction), Les conflits dans le monde. Approche géopolitique, édit. Armand Colin, Collection U, 2016.

[21] Cf. JP BODJOKO, SJ, « Depuis le Vatican, le Docteur Denis Mukwege crie un peu plus fort », in Vaticannews, (https://www.vaticannews.va/fr/afrique/news/2019-05/depuis-le-vatican-le-docteur-denis-mukwege-crie-un-peu-plus-for.html), 23/05/2019.

[22] Le Docteur Mukwege fait allusion au « Rapport du Projet Mapping concernant les violations les plus graves des droits de l’homme et du droit international humanitaire commises entre mars 1993 et juin 2003 sur le territoire de la République démocratique du Congo.  Août 2010. »

[23] Cf  JP BODJOKO, SJ, « La RD Congo fait ses adieux à l’ambassadeur italien Attanasio », in Vaticannews.va, (https://www.vaticannews.va/fr/afrique/news/2021-03/la-rd-congo-fait-ses-adieux-a-l-ambassadeur-italien-attanasio.html), 03/03/2021.

[24] Cf. Banque mondiale, «République démocratique du Congo – Vue d’ensemble», in https://tinyurl.com/52jxnfvj/, 28 aprile 2021.

[25] Cf.  https://tinyurl.com/4ecdk96v

[26] Cf. Banque mondiale, «Indicateurs et codes de la Banque mondiale», in https://tinyurl.com/3a55w5ky

[27] Cf. A. Rusatsi, «Il Sud Sudan. A sei anni dalla travagliata indipendenza», in Civ. Catt. 2017 IV 466–474.

[28] Cf. BANQUE MONDIALE, Op. Cit.

[29] Cf. CONSEIL DE SÉCURITE, « Le Conseil de sécurité proroge jusqu’au 31 mai 2023 l’embargo sur les armes, l’interdiction de voyager et le gel des avoirs imposés au Soudan du Sud », in UN, (https://www.un.org/press/fr/2022/cs14908.doc.htm), 26 MAI 2022.

[30] Pour plus d’informations : MINISTERE DE L’EUROPE ET DES AFFAIRES ETRANGERES, « Présentation du Soudan du Sud », in diplomatie.gouv.fr, (https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/soudan-du-sud/presentation-du-soudan-du-sud/), 20 mai 2022.

[31]  Cf. « Soudan du sud: Le contexte économique», in export.agence-adocc.com (https://tinyurl.com/3vzhehur).

[32] Cf. François Quo firmiores, in www.vatican.va/apost_constitutions/document

[33] Cf. P. Mapuor Makur, «Missionnaires Comboniens au Soudan du Sud: Contribution à la construction de la nation, défis», in aciaafrique (https://tinyurl.com/3kf2ksp3), 23 janvier 2020.

[34] On peut lire avec intérêt : P. JUMA WANI, « Ne nous “ramenez pas à la guerre” : Les évêques catholiques du Soudan et du Soudan du Sud aux dirigeants politiques », in Aciafrique, (https://www.aciafrique.org/news/5318/ne-nous-ramenez-pas-a-la-guerre-les-eveques-catholiques-du-soudan-et-du-soudan-du-sud-aux-dirigeants-politiques), 16 avril 2022.

[35] Cf. S. Fath, «Les Églises, outil de médiation au Soudan du Sud», in Observatoire international du religieux, n. 29, 28 avril 2019 (https://tinyurl.com/3265ezds).

[36] Cf. «Au Soudan du Sud, les évêques érigent la réconciliation en priorité de la nation», in Vaticannews (https://tinyurl.com/2wm6mmru), 19 avril 2020.

[37] Cf. « Soudan du Sud: inclure les religieux dans le processus de paix», in Vaticannews (www.vaticannews.va/fr/eglise/news/2021-08/soudan-sud-eveques-processus-paix-reconciliation.html), 1er août 2021.

[38] Cf. « Soudan du Sud: L’Eglise catholique inaugure un centre de la paix à Juba», in Cath.ch (https://tinyurl.com/38526ua9), 22 octobre 2016.

[39] Il convient de noter que le Saint-Siège a été directement impliqué, avec les autres religions présentes au Sud-Soudan, dans les négociations entre les belligérants, en jouant un rôle de médiateur. En 2019, le pape François a invité Salva Kiir et Riek Machar au Vatican pour une retraite spirituelle, à l’issue de laquelle il s’est agenouillé devant eux, les implorant de faire la paix. Cfranche H.-H. Kibangou, «Il Sud Sudan. Dalla guerra civile a un governo di unità nazionale», in Civ. Catt. 2020 II 391-403.

[40] Cf. « Sud Sudan», in santegidio.org (https://tinyurl.com/5bm83z64), 27 mai 2022.

[41] Cf. « Sud Sudan, proseguono i colloqui per la pace a Roma con Sant’Egidio», ivi, 19 juillet 2021.