LA LETTRE AUX GALATES-« La vérité de l’Évangile »
Last Updated Date : 3 mars 2021
Published Date:14 octobre 2020

La Lettre aux Galates est un document exceptionnel du Nouveau Testament : elle a été écrite par Paul dans un moment de grande angoisse, car une communauté fervente, que l’Apôtre avait fondée avec grande douleur et envers laquelle il est resté très affectueux, se retrouve complètement pervertie par des « judaïsants ». Ceux-là sont des gens issus du peuple d’Israël qui ont accepté la foi en Jésus-Christ mais sans abandonner l’observance de la Loi, des traditions juives et la circoncision comme conditions indispensables du salut. Pour eux, c’est au fond la Loi qui sauve et pas le Christ, qui reste une figure marginale dans l’économie du salut.

Pour la première fois dans l’histoire, la Lettre aux Galates aborde cette situation nouvelle et très délicate qui, pour l’Église naissante, constitue une question de vie ou de mort. Les judaïsants obligent Paul à réfléchir sur un point essentiel : faut-il devenir juif pour être chrétien ? L’apôtre a une prise conscience graduelle mais tranchante, qui culmine dans le chapitre 3 de la lettre et sera fondamentale pour l’annonce de l’Évangile : « Vous tous qui avez été baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ. Il n’y a plus ni Juif ni Grec ; il n’y a plus ni esclave ni homme libre ; il n’y a plus ni homme ni femme, car vous ne faites plus qu’un dans le Christ Jésus[1] ».

C’est aussi, en termes absolus, la première réflexion sur la valeur de la foi pour le salut. Les Évangiles sont venus plus tard et ont été écrits à la suite du travail de pionnier effectué par l’Apôtre. D’où le caractère passionné de la Lettre, son développement dense et violent. Certes, d’un point de vue théologique, c’est un développement et une explication de la pensée de Paul qui a eu lieu après des années de mission apostolique. Le traitement doctrinal est donc excité, frénétique, nerveux : il manque le détachement nécessaire pour un discours accompli, même si cette « focalisation » sur l’approche des thèmes garantit l’intérêt, la concrétude, le rapport immédiat avec le lecteur.

La Lettre aux Galates et la lettre aux Romains

Depuis la fondation de la communauté des Galates, un certain temps auparavant, quelque chose a remué l’apôtre et l’a poussé à intervenir : d’une part, c’est un temps de découverte et de confrontation intérieure, dans lequel il revit sa vocation ; d’autre part, Paul se retrouve précisément contesté dans la mission d’apôtre. Cela ne peut manquer de se souder avec son témoignage de foi, qui unit écrivain et destinataires, et qui inclut, en plus des données strictement internes, la tradition biblique de l’Ancien Testament. Avec cette conclusion finale : la vie chrétienne, dans ses aspects essentiels auxquels on ne peut pas renoncer, est liberté dans la paix, la communion et une croissance harmonieuse.

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[1] Ga 3,27-28 ; cf. 1 Co 12,13 ; Col 3,11 ; voir aussi Rm 16.

[2] D. Fares, « Il cuore di “Querida Amazonia”. “Traboccare mentre si è in cammino” », Civ. Catt. 2020 I 537.

[3] Ibid.

[4] Le commentaire a été traduit en italien par M. Bellincioni : H. Schlier, Lettera ai Gaati, Brescia, Paideia, 1965 ; la version fait référence à l’édition de 1962.

[5] Cf. H. Schlier, Kurze Rechenschaft, dans : K. Hard (éd.), Bekenntnis zur katholischen Kirche mit Beitragen von M. Giessner, G. Klùnder, H. Schlier, R. Goethe, Würzburg, Echter, 1955, 169-192 (en ital., H. Schlier, Breve Rendiconto. Il racconto autobiografico della conversione al cattolicesimo di uno dei più grandi esegeti del Ventesimo secolo, a cura di L. Cappelletti, Roma, Nuova Omicron, 1999).

[6] H. Schlier, Der Ròmerbrief, Fribourg-en-Br. – Basel – Vienne, Herder, 1977.

[7] Cf. M. Luther, Tischreden 1 (Weimarer Ausgabè), Weimar, H. Böhlaus, 1912, nº 146, 69, 18-19.

[8] Cf. Ga 1,10. L’accusation est si insistante que dans ce verset, « les hommes » sont mentionnés à trois reprises.

[9] Cf. Ga 1,12 ; 1 Co 15,8 ; 2 Co 12,2-9.