LA FOI DU PEUPLE
Last Updated Date : 19 novembre 2021
Published Date:16 novembre 2021

La religiosité populaire est une réalité qui ne laisse presque jamais indifférent. Pour certains, c’est une grande opportunité pour l’Église et, en ces temps, un de ses signes de vitalité qui montre que le désir de Dieu est présent dans notre société. Pour d’autres, au contraire, elle manifeste la décadence manifeste d’une Église qui, ne pouvant plus transmettre la vérité profonde de l’Évangile, génère des substituts qui éloignent les gens du message de Jésus-Christ, les conduisant à la superstition, à l’hétérodoxie et à la superficialité.

Quoi qu’il en soit, la religiosité populaire dans le monde catholique meut des foules, aussi bien dans l’Europe ancienne et sécularisée qu’en Amérique latine et sur d’autres continents, constituant l’un des « mégaphones » les plus puissants sur lesquels l’Église puisse compter en ce moment. C’est un « atrium des gentils » particulier, un « lieu théologique » d’où affronter la nouvelle évangélisation[1], un mur solide ou une arme contre la sécularisation[2] ou, tout simplement, une communauté où vivre et diffuser la foi[3]. Toutefois, en même temps, elle risque de devenir un danger, qui peut affaiblir le corps ecclésial[4] ou parfois même l’attaquer directement[5].

À cause de tout cela, la religiosité populaire pose beaucoup de questions à l’Église et à la société, comme celles exprimées par le Card. Carlos Amigo Vallejo : « La dimension religieuse est-elle recherchée pour des raisons de foi, ou se substitue-t-elle à une croyance disparue ? Est-ce un refuge et un dernier recours contre ce que l’on croit être l’effondrement de la pratique religieuse ? Serait-ce une critique voilée de la manière dont l’Église agit ? Peut-on soupçonner qu’il s’agit d’une dérobade à l’engagement social que l’Église elle-même soutient ? En quoi consiste la religiosité populaire ? Qu’est-ce qui doit rester et que doit-on renouveler ? La religiosité populaire est-elle une aide, ou une échappatoire au véritable engagement chrétien ?[6] »

 

À la recherche d’une définition

Il faut aussi noter que le terme de religiosité populaire n’est pas parfaitement clair et que sa définition n’est pas sans ambiguïté, et de là découlent des difficultés et des malentendus qui affectent notre manière de l’aborder. Quant au terme, nous rencontrons d’abord le fait que, par rapport au mot « religiosité », beaucoup de perplexités émergent, car on y perçoit un sens péjoratif. Comme s’il y avait une « religion » officielle, qui serait une manière sérieuse et vraie d’accéder au Dieu de Jésus-Christ, et puis un substitut ou un prix de consolation, qui serait une telle « religiosité », valable à certains égards, mais insuffisante dans d’autres.

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[1] Cf. François, Evangelii gaudium (EG), nº 126 ; Conseil Pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation, Directoire pour la catéchèse (DC), 2020 : nos 37 : https://eglise.catholique.fr.

[2] Cf. C. M. Galli – S. Movilla López, Fe y piedad popular. Le pouvoir évangélisateur de la piété populaire. Las imágenes. Las bendiciones, Barcelone, Centre de Pastoral Litúrgica, 2015, 24 s.

[3] Cf. A. F. Bohórquez Colombo, « La piedad popular : agente y sujeto de evangelización », Sal Terrae 108 (2020) 920-925.

[4] Cf. D. M. Molina, « Oportunidades y debilidades del mundo cofrade para una vida cristiana », Sal Terrae 108 (2020), 893-898.

[5] Cf. Obispos del Sur de España, El catolicismo popular en el sur de España. Documento de trabajo para la reflexión práctica pastoral, Madrid, PPC, 1975, 9.

[6] C. Amigo Vallejo, Religiosidad popular, Madrid, PPC, 2008, 20.

[7] Paul VI, Evangelii nuntiandi (1975), nº 48.

[8] Cf. Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements, Directoire sur la piété populaire et la Liturgie. Principes et orientations (2002), nos 6-10.

[9] Cf. J. Seibold, La mística popular, Buenos Aires, Ágape, 2016.

[10] Cf. V. Codina, La religión del pueblo. De cuestionada a interpelante, Santander, Sal Terrae, 2019.

[11] Cf. EG 69-70 ; 122-126.

[12] Cf. DC 37 ; 262.

[13] Il s’agit respectivement des Conférences générales de l’épiscopat latino-américain de 1989, 1992 et 2007. Les deux premiers documents apparaissent en traduction italienne dans Enchiridion. Documenti della Chiesa latinoamericana, Bologna, Emi, 1995 ; le Document d’Aparecida dans : Discepoli e Missionari di Gesù Cristo, affinché in Lui abbiano vita. Documento conclusivo, Cité du Vatican, LEV, 2012.

[14] Cf. Obispos del Sur de España, El catolicismo popular. Nuevas consideraciones pastorales, Madrid, PPC, 1985 ; Id., Las Hermandades y Cofradías. Carta pastoral de los obispos del Sur de España, Madrid, PPC, 1988.

[15] Cf. J. C. Carvajal Blanco, « Introducción : La religiosidad popular, un fenómeno tan antiguo y tan nuevo », dans : Id. (éd.), La religiosidad popular, ámbito evangelizador. II. Jornadas de actualización pastoral para sacerdotes, Madrid, Ediciones Universidad San Dámaso, 2019, 15 ss.

[16] Cf. D. Cuesta Gómez, La procesión va por dentro. En busca de una espiritualidad cofrade, Bilbao, Mensajero, 2019, 40-46.

[17] Cf. E. Guevara Pérez, « El renacimiento cofrade del siglo XXI : el caso de las hermandades y otras asociaciones de vísperas en las capitales de Andalucía », dans : F. J. Campos (éd.), Religiosidad popular : Cofradías de penitencia, vol. I, San Lorenzo del Escorial, Real Centro Universitario Escorial-María Cristina, 2017, 43-58.

[18] J. J. Brosel Gavilá, Muerte y Resurrección de Cristo en la religiosidad popular valentina. Análisis y aproximación catequética, Rome, Pontificia Università Salesiana, 2001, 47.

[19] J. Seibold, La mística popular, 57 s.

[20] V. Codina, La religión del pueblo, 160.

[21] Cf. J. Seibold, La mística popular, 57-69.

[22] Cf. Obispos del Sur de España, El catolicismo popular, 6,4.3 ; Id., El catolicismo popular. Nuevas consideraciones pastorales, Madrid, PPC, 1985, 2 ; 3.

[23] Cf. Document d’Aparecida, 64.

[24] François, Discours aux participants au congrès international des recteurs et des agents des sanctuaires, 29 novembre 2018.