KAKICHI KADOWAKI et l’inculturation du christianisme dans la culture japonaise
Published Date:18 juin 2020

L’inculturation du christianisme au Japon n’était pas un processus facile. Son histoire est pleine de rencontres et de débats, de conflits et de compromis. La complexité et le caractère unique de la culture japonaise constituent une des raisons de cette histoire difficile. Tandis que le shintoïsme est la religion traditionnelle du Japon et celle qui rassemble le plus de fidèles, le bouddhisme s’est implanté et développé en diverses écoles qui ont imprégné les arts, l’architecture, la littérature et la culture en général. L’une de ces branches était le bouddhisme zen, lui-même subdivisé en trois écoles : Rinzai, Sōtō et Obaku.

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Traduction soeur Pascale Nau

 

 

 

[1] J. K. Kadowaki, Zen and the Bible, New York, Orbis Books, 2002, 36; trad. italien Lo Zen e la Bibbia, Cinisello Balsamo [Mi], San Paolo, 1985, 60; trad. franç. Le zen et la Bible, Paris, Albin Michel, 1992.

[2] Le zazen est une discipline méditative qui change de sens et de méthode selon l’école, mais en général, elle peut être considérée comme un moyen d’approfondir la nature de l’existence. Dans l’école japonaise Rinzai, le zazen est habituellement associé à l’étude du kōan. Le kōan est une anecdote paradoxale ou une question qui ne trouve pas de solution ; il est utilisé dans le bouddhisme zen pour démontrer l’inadéquation du raisonnement logique et conduire ainsi à la pratique de l’illumination. Au sujet de l’expérience du P. Lassalle, cf. aussi W. Waldenfels, « Esercizio zen e meditazione cristiana », Civ. Catt. 2017 III 209-222.

[3] J. K. Kadowaki, Zen and the Bible, 7 (trad. italien p. 22).

[4] La « troisième année de probation » est la dernière étape de la formation du jésuite avant l’émission des derniers vœux.

[5] Par exemple, Isaïe dit que « tout homme est comme l’herbe et toute sa grâce est comme la fleur du champ. L’herbe sèche, la fleur se fane quand le vent du Seigneur souffle sur eux. Vraiment les gens sont comme l’herbe » (Is 40,6-7). Et le Ps 104 dit : « [Dieu,] tu caches ton visage : ils s’épouvantent ; tu reprends leur souffle, ils expirent et retournent à leur poussière. Tu envoies ton soufflé : ils sont créés ; tu renouvelles la face de la terre » (vv. 29-30). Parmi beaucoup d’autres exemples se trouve ce passage remarquable de Job : « L’esprit de Dieu m’a créé et le souffle du Tout-Puissant me fait vivre. Si tu le peux, réponds-moi, prépare-toi, prends position devant moi. Voici, je suis comme toi devant Dieu, moi aussi j’ai été formé de la boue » (Jb 33,4-6).

[6] Kitarō Nishida, Pensar desde la nada. Ensayos de filosofía oriental, Salamanca, Sígueme, 2015. Ces travaux ont été publiés en italien : L’io e il tu, Padova, Unipress, 1996; Uno studio sul bene, Torino, Boringhieri, 2007; La logica del luogo e la visione religiosa del mondo, Palermo, L’Epos, 2005; Luogo, Milano – Udine, Mimesi, 2012.

[7] Id., Pensar desde la nada, 42.

[8] Par exemple, nous pouvons parler de la préférence de Dieu pour les derniers. Dès le début, Dieu rejette les droits du premier-né, Caïn, en faveur d’Abel, le benjamin ; ceux d’Ismaël en faveur du plus jeune Isaac ; et ceux d’Esaü en faveur du cadet Jacob. En fait, l’origine même d’Israël consiste à être choisie en dépit du fait que le peuple est le plus petit. Parmi les nombreux exemples du Nouveau Testament, nous voyons, dans l’Évangile de Jean, que Jésus lave les pieds des disciples, y compris ceux de Judas, comme une expression de son amour jusqu’à la fin (Cf. Jn 13,1-20).

[9] Cf. J. K. Kadowaki, Hermenéutica Pneumática de la Biblia (notes personnelles du P. Kadowaki, 2010), 34.

[10] Id., Zen and the Bible, cit., 113 (trad. italien p. 158). Pour souligner l’importance de cette lecture corporelle des intuitions religieuses, Kadowaki mentionne également le maître bouddhiste Nichiren, qui a écrit: « Quand les autres lisent le Sutra du Lotus, ils prononcent les mots, mais ne lisent pas avec l’esprit. Et s’ils lisent avec l’esprit, ils ne lisent pas avec le corps. Lire avec le corps et l’esprit est plus élevé » (ibid., 117; trad. italien p. 163 s).

[11] Cf. J. K. Kadowaki, Hermenéutica, 35.

[12] Id., Zen and the Bible, cit., 16 (trad. italien p. 34).

[13] Ibid., 3 (trad. italien p. 17).