JEAN PAUL II COMMUNICATEUR-L’histoire d’une expérience
Last Updated Date : 5 février 2021
Published Date:7 juillet 2020

Karol Wojtyla est né le 18 mai 1920. À l’occasion du centenaire de sa naissance, les souvenirs et les hommages se multiplient à juste titre pour ce grand témoin de la foi déjà élevé aux honneurs des autels. Nous aussi nous sentons le désir et croyons qu’il est juste de joindre un petit mot à ce grand chœur. Nous le faisons en nous rappelant avec simplicité et émotion certaines expériences vécues à son service dans la communication vaticane.

Une vision confiante de la communication et des médias

Jean-Paul II s’est avéré un excellent communicateur dès le premier moment de son pontificat, depuis son apparition à la loge des Bénédictions, au soir du 16 octobre 1978. Les célèbres paroles spontanées du jour de l’élection – « les éminents cardinaux ont appelé un nouvel évêque de Rome. Ils l’ont appelé d’un pays lointain … Si je me trompe, vous me corrigerez ! … » – et les blagues des premières sorties du Vatican avaient déjà contribué à briser la glace. Le discours du jour de l’inauguration du pontificat – « N’ayez pas peur ! Ouvrez, ouvrez toutes grandes les portes au Christ ! » – avait profondément impressionné par l’efficacité expressive et la force dans l’utilisation du ton de la voix.

Quant aux relations avec les médias, ce fut surtout la première « conférence de presse » dans l’avion avec les journalistes lors du premier voyage international (en janvier 1979, au Mexique) qui permit de comprendre le nouveau style de ce pape et de consolider sa relation positive avec eux. Paul VI aussi, lors de ses voyages, passait parmi les journalistes pour les saluer, mais il n’y avait pas de questions ni de réponses. On ne sait pas si Jean-Paul II était allé parmi les journalistes avec l’intention de leur parler, ou si cela avait commencé par hasard ? Quoi qu’il en soit, alors qu’auparavant il n’était même pas venu à l’esprit de poser des questions au Pape, cela lui vint immédiatement à l’esprit … C’est-à-dire, la personnalité du nouveau Pape s’est manifestée naturellement prête à une relation plus spontanée et directe avec les médias.

 

L’expérience prolongée d’un monde sans liberté d’expression avait peut-être donné à Karol Wojtyła une vision positive de la réalité des médias du « monde libre », qu’il considérait comme des alliés potentiels dans son engagement à donner la parole aux attentes de libération des Églises et des peuples opprimés, ce qui s’est effectivement réalisé et a contribué à un tournant historique d’époque, qui reste l’un des aspects marquants de son pontificat. En tout cas, l’attitude de Jean-Paul II était, de fait, profondément innovante pour ceux qui étaient et sont encore habitués à une méfiance traditionnelle – ou du moins à la confidentialité – des cercles ecclésiastiques et curiaux envers les médias. Il peut être qualifié d’optimiste, plus prêt à voir les possibilités positives qu’à craindre les pièges qui ne manquent certainement pas.

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