« JE CROIS QUE LE SEIGNEUR DEMANDE UN CHANGEMENT DANS L’ÉGLISE »-Dialogue privé avec les jésuites des pays baltes
Published Date:27 octobre 2021

Le pape entre dans la salle de la nonciature et salue un à un le Provincial, P. Vidmantas Simkūna, et les autres jésuites présents. Ils sont 28 en tout  : 22 de la province de Lituanie et de la Lettonie, 2 des États-Unis avec des liens directs avec la Lituanie et 4 évêques jésuites : Mgr Lionginas Virbalas, archevêque de Kaunas ; son prédécesseur, Mgr Sigitas Tamkevičius, qui a connu l’emprisonnement par le KGB ; Mgr Jonas Boruta, évêque émérite de Telsiai ; et Mgr Joseph Werth, évêque de Novossibirsk, en Russie, qui fit son noviciat en Lituanie. Le pape parle en italien et ses paroles sont traduites en lituanien par Mgr Virbalas.

                                                                                                                          Antonio Spadaro sj

Merci pour votre visite ! Je me rappelle la devise Si cum Iesuitis itis, non cum Iesu itis … [ici, tout le monde rit]. Merci ! La journée d’aujourd’hui a été chargée, mais je pense que c’était pour le bien de l’Église. Maintenant, pour notre réunion, je pense que la méthode peut être que vous posiez des questions et que j’y réponde. Est-ce que ça va ?

 

Mgr Virbalas propose : « Si vous le voulez, le Provincial pourrait dire quelques mots pour commencer ». Et le pape répond : « Oui, bien sûr ! Ainsi, nous rendons tout plus “hiérarchique” ». Après cette remarque, un rire éclate. Le Provincial se lève et présente la situation de la Compagnie de Jésus en Lituanie et en Lettonie : « Nous sommes très heureux de votre visite. Nous avons tous beaucoup apprécié ce que vous avez dit aux prêtres et aux religieuses. Pour nous, jésuites, c’est une source d’inspiration. Notre province est petite. J’ai un souci particulier : que les jésuites ne “se brûlent” pas. En fait, tout le monde ici a trois ou quatre emplois différents, et ils ne sont certainement pas paresseux. Je voudrais vous remercier de nous avoir apporté de la joie et de la force. Avant la suppression de la Société, la Province lituanienne comptait plus de mille membres. Aujourd’hui, il n’y en a plus que 34 et nous allons bientôt former une seule province avec l’Autriche, l’Allemagne, la Suisse et la Hongrie. Nous avons trois écoles en Lituanie et quatre églises. Récemment, nous avons ouvert une maison à Riga, la ville que vous visiterez demain. Nous travaillons pour diffuser la spiritualité ignatienne. Dans cet engagement, nous faisons aussi l’expérience d’une belle collaboration œcuménique avec les luthériens. Je dois vous dire que je suis particulièrement reconnaissant aux anciens de notre Province. À l’époque soviétique, ils dirigeaient le noviciat et le séminaire pour prêtres diocésains. Ils se préparaient clandestinement, bien sûr. Une partie des jésuites lituaniens se trouvait en dehors de la province, aux États-Unis. Là, ils ont créé une vice province. Quand nous sommes redevenus libres, certains de ces jésuites qui étaient en Amérique sont rentrés et nous ont aidés à vivre dans l’esprit de Vatican II. À cette époque, nous avons su vivre dans une situation sans liberté. Maintenant, au contraire, nous devons apprendre à bien vivre la liberté. Nous vous demandons votre bénédiction pour nous et pour notre mission. Merci beaucoup, merci beaucoup ».

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