« APPRENDRE À ÊTRE À NOUVEAU ENSEMBLE » Entretien avec Marta Cartabia
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Au début de notre rencontre, Madame le professeur Marta Cartabia a immédiatement fait savoir qu’elle ne se sentait pas comme un « personnage ». Cela a été ensuite confirmé par le déroulement de notre dialogue avec elle à la Villa Malta, siège de La Civiltà Cattolica, où elle a répondu aux questions avec l’ouverture, la simplicité et la clarté d’un professeur d’université expert. Durant une conversation très vivante, l’enseignante n’a reculé sur aucun sujet, bien qu’elle considérât l’une de nos questions comme « très difficile ». Sa disponibilité nous a permis d’explorer une grande variété de sujets : engagement personnel au niveau académique et public ; menaces pour la démocratie ; les propositions de réforme constitutionnelle sur le terrain aujourd’hui en Italie ; la guerre en Ukraine et l’avenir de l’Europe ; et enfin, les défis auxquels l’Église est confrontée à notre époque, les problèmes de la jeunesse et la réflexion sur la violence dans la société, en particulier contre les femmes.

Nous avons été frappés par la fréquence avec laquelle le professeur a évoqué la nécessité, à tous les niveaux, de participer à et de partager des projets communs pouvant avoir un impact sur les problèmes de la vie des gens. Concrètement, selon ses mots, « il s’agit d’apprendre à être à nouveau ensemble, même là où les orientations ne sont pas forcément proches ». De même, il convient de souligner l’importance accordée au rôle des enseignants dans l’éducation des jeunes. Quant aux jeunes, ses observations traduisent un contact direct et un sentiment de confiance : ils « recherchent des modes de vie et des parcours authentiques ; ils ne se laissent pas influencer par des modèles hérités ». Alors, « donnons-leur de l’espace et écoutons-les […], car il me semble que ces jeunes, malgré leurs difficultés, ont les antennes pour comprendre où trouver des repères ».

Nous remercions Madame le professeur Cartabia pour sa disponibilité et partageons volontiers notre dialogue avec les lecteurs.

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LE SÉNÉGAL, UNE CRISE SURMONTÉE
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Le 3 février 2024, le président sénégalais, Macky Sall a annoncé le report de l’élection présidentielle, en abrogeant son décret qui fixait au 25 février cette élection. La décision de Macky Sall est intervenue après que le parlement ait mis en place une commission qui devait enquêter sur deux juges du Conseil constitutionnel dont l’intégrité dans le processus électoral était contestée. Déjà, des députés du Parti démocratique sénégalais, PDS, la formation politique de Karim Wade, – fils de l’ancien président Abdoulaye Wade,- soutenus par quelques élus de la coalition gouvernementale, avaient porté des allégations de corruption contre deux juges du Conseil constitutionnel. Ces derniers avaient auparavant rejeté la candidature de Karim Wade, en raison de sa bi-nationalité, française et sénégalaise.

Dans son discours pour annoncer le report de l’élection, le président sénégalais avait en effet indiqué que le pays était confronté à un diffdifférend entre l’Assemblée nationale et le Conseil constitutionnel, en conflit ouvert sur fond d’une supposée ffaire de corruption de juges. Et dans son annonce du report de l’élection, le président Macky Sall n’a pas indiqué la date prochaine de l’élection présidentielle, se contentant de dire que celle-ci dépendra du dialogue national qui devait réunir des groupes de la société civile, des partis politiques et des candidats retenus ou non par le Conseil constitutionnel.

C’est alors le début d’une crise qui a mis le pays sous tension et dans une zone de turbulences. Certains parlent alors d’un coup d’Etat constitutionnel car jamais auparavant le Sénégal n’avait manqué une élection présidentielle. Il n’a donc jamais connu de coup d’État (militaire). Et depuis les années 1980, ce pays a toujours vécu une démocratie multipartite avec des changements réguliers de gouvernement avec des élections jamais reportées depuis 1963. Normalement, selon la Constitution sénégalaise, Macky Sall ne devrait plus diriger le pays au-delà de la date du 2 avril, date de la fin de son second mandat.

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