LA QUESTION DU QATAR
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Pour beaucoup d’observateurs, la politique moyen-orientale de l’administration Obama a été d’une prudence excessive, surtout dans un moment de grande tension et de violence dans cette région. En Libye, on a reproché au président Obama d’être resté « dans les coulisses ». En Syrie, après l’établissement de la « ligne rouge » sur l’usage des armes chimiques, l’absence de bombardement des arsenaux chimiques syriens de gaz toxiques a été étiquetée par les faucons de la droite, et inévitablement par la presse, comme un manque d’esprit combatif. On néglige trop souvent l’acceptation par Obama de la proposition du président russe Vladimir Poutine de démanteler les arsenaux chimiques syriens. Même si, manifestement, elle n’a pas été un succès total, elle a servi à éliminer une partie importante de l’arsenal chimique syrien et à prévenir des attaques chimiques contre les civils pendant plus de deux ans. À un moment où le pape François invitait le monde à prier pour la paix, cela a réduit l’étendue d’un conflit qui semblait en passe de s’aggraver.

En outre, pendant les dernières années de son administration, alors que la vague de la crise des réfugiés syriens frappait les pays voisins – en particulier le Liban, la Turquie et la Grèce –, le président des États-Unis s’est vu critiqué parce que son gouvernement n’est pas intervenu pour limiter les conséquences de la catastrophe humanitaire.

Enfin, dans un entretien accordé à la revue The Atlantic lors de ses derniers mois à la Maison-Blanche, Obama révélait la pensée sous-jacente à sa ligne politique tant critiquée : en particulier sa méfiance envers ceux qui avaient été un temps les piliers de la politique américaine au Moyen-Orient, l’Arabie Saoudite et Israël. Et le président a également révélé les raisons pour lesquelles il s’était démarqué de ce qu’il a défini comme le Washington playbook pour la région : précisément ce tribalisme qui avait conditionné une grande part des initiatives américaines dans cette région, aspect que peu d’autres que lui avaient saisi. Comme décrit par son interviewer, Jeffrey Goldberg, le tribalisme est « une force qu’aucun président ne réussit à neutraliser ». Obama, dont il semble que la vie de son père ait été ravagée par les rivalités tribales au Kenya, avait dit : « Je comprends l’impulsion tribale et je reconnais le pouvoir de la division tribale. Je me fraye un chemin parmi les divisions tribales dans toute ma vie. En définitive, elles sont à la source de nombreuses actions destructrices ».
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