UNE THÉOLOGIE DE LA MÉMOIRE EN TEMPS D’ABUS SEXUELS DU CLERGÉ
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Le 5 octobre, le rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (CIASE) en France a été publié. Il a été demandé par la Conférence des évêques de France et est maintenant disponible pour un examen approfondi, afin qu’une nouvelle étape qualifiée puisse être franchie dans la lutte contre les abus. Le Rapport montre qu’en 70 ans environ 3 000 prêtres et religieux ont commis des abus sexuels sur des mineurs ou des personnes vulnérables. Au total, 216 000 personnes en France aujourd’hui (avec une marge d’erreur de 50 000) ont été abusées par des prêtres et religieux catholiques. Si l’on inclut les agressions commises par des laïcs (principalement dans les écoles), cette estimation passe à 330 000. Ce n’est cependant qu’un élément d’un tableau plus vaste. :

La crise mondiale des abus sexuels commis par le clergé a infligé des blessures qui mettront des années à cicatriser. Il faut reconnaître que le déni des abus est toujours un problème. La terrible tragédie perpétrée contre des enfants et des adultes vulnérables par des membres du clergé et ses conséquences laissent encore des cicatrices au sein du peuple de Dieu et rendent nécessaire une théologie qui évalue le rôle de la mémoire. Convaincus qu’une famille qui ne se souvient pas disparaît, nous pensons que la mémoire est un impératif théologique. Mais quel genre de mémoire ? Comment guérit-on ses souvenirs ? Comme le soulignait Johann Baptist Metz à propos de l’Holocauste juif, les membres du peuple de Dieu « ne doivent pas se laisser bloquer par des souvenirs non réconciliés, même sur le plan théologique, mais y recourir avec la foi et parler avec elles de Dieu ».
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