L’ANÉMIE CULTURELLE
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L’anémie est, au sens clinique, une maladie produite par une déplétion sanguine. Transposé au niveau culturel, c’est le concept qu’un auteur utilise pour décrire les formes d’arrogance et de superficialité qui traversent notre culture et produit, ensemble avec d’autres facteurs, à la fois un certain phénomène anti-éducatif et à la perte, pour la politique, de sa véritable identité, qui est le service du bien commun.

L’Église essaie de promouvoir l’engagement culturel, mais, en raison des préjugés qui n’ont jamais été abandonnés par certains secteurs de l’opinion publique, elle est mal comprise dans cet effort. Si elle attire l’attention sur l’histoire, elle est accusée d’être passéiste ; si elle repense théologiquement sa pratique de l’art pastoral, d’être abstraite ; si cherche un dialogue critique avec les philosophies et les sciences, d’être inutilement académique ; si elle nous exhorte à nous remettre à peser, d’être dangereusement subversive. Bref, il y a beaucoup de méfiance à chaque fois que l’Église essaie de douer sa présence de sa vigueur culturelle.

Cette observation peut être comparée à celles de Massimo Cacciari. Selon le philosophe vénitien, nous vivons un changement d’époque. Avec la chute du mur, avec la fin de l’empire communiste, avec les transformations mondiales des équilibres économiques et politiques, avec la résurgence politique de la nouvelle Chine et de l’Inde, les grandes cultures européennes –social-démocrate, chrétienne populaire et libérale – sont restées liées à leurs valeurs et à leurs jugements que la nouvelle situation transforme en préjugés.
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