Revue de culture fondée
en 1850

LES DANGERS ANTHROPOLOGIQUES ET POLITIQUES D’UNE SOCIÉTÉ SANS CASH
Partagez cet article       
Dans le capitalisme moderne, la triple exigence, contradictoire, de rationalité, de performance et de sécurité, favorise un courant d’apparence irrésistible. Ce courant entraîne le système vers la disparition de l’argent liquide. Il s’agit de supprimer les billets de banque et la petite monnaie en métal (dite monnaie divisionnaire) qui gonflent les portefeuilles et alourdissent les poches. En bonne logique capitaliste qui promeut la performance dans le système de paiement comme partout ailleurs, ces moyens matériels lourds, et dispendieux pour les institutions bancaires, laissent en grande partie la place aux outils digitaux : cartes de crédit, cartes de paiement, Internet ou applications informatiques intégrées dans les téléphones portables. Les tenants d’une économie rationnelle, productiviste et sûre, veulent favoriser cette dématérialisation, au point de souhaiter une société sans cash.

Leur tendent la main des hauts fonctionnaires, tant internationaux que nationaux. Christine Lagarde, ancienne directrice du Fonds monétaire international et actuelle directrice de la Banque centrale européenne, Michel Sapin Commissaire européen, ou William White de l’OCDE, sans parler des afficionados du Forum de Davos, tous voient dans les échanges sans argent liquide l’avenir des économies de marché.

Dans un rapport intitulé Comité Action Publique 2022 (cap 2022), des technocrates, dirigeants d’entreprise, économistes, hauts fonctionnaires, avaient déjà manifesté depuis plusieurs années leur volonté d’aller vers une société «zéro cash». En résumé, ces technocrates prétendaient qu’en supprimant progressivement la circulation d’espèces on simplifiera les paiements. Ils affirmaient en outre que la société sans cash correspondait au «mode de vie déjà préconisé par tous», et permettrait une lutte plus efficace contre la fraude et le grand banditisme.
© laciviltacattolica.fr 2024
Suivez-nous       
Cliquez ici pour vous désabonner