L’ÉDUCATION EST LIBÉRATOIRE OU ELLE N’EST PAS ÉDUCATIVE
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« Éducation » et « action éducative » sont deux termes liés et pour beaucoup de gens probablement aussi synonymes ; mais il n’en est rien. Nous pensons que c’est une grave erreur de les associer et de restreindre l’institution d’enseignement à sa dimension spatiotemporelle, en favorisant cette association spontanée : entre autres, parce que « l’école » finit ainsi par assumer tout le poids et la responsabilité de la déséducation des personnes et des collectivités auxquelles elle rend ses services depuis des siècles.

Il nous semble plutôt que l’expression « action éducative » – utilisée à la place d’« éducation » – peut mieux englober les multiples pratiques auxquelles nous souhaitons faire référence dans cet article. Le fait de ne pas être un grand connaisseur en théorie pédagogique et de ne pas travailler dans une institution n’empêche personne d’être un excellent éducateur dans la vie quotidienne des relations les plus variées : sportives, récréatives, religieuses, politiques, économiques, culturelles, familiales, commerciales, etc. En ce sens, les acteurs éducatifs sont tous ceux qui assurent, d’une manière ou d’une autre, un service qui accompagne et encourage l’humanisation des personnes et des collectivités.

On peut lire dans un tel élargissement de l’horizon éducatif une des grandes intuitions du pape François, lorsqu’il propose de reconstruire un « Pacte éducatif mondial » (Global Compact on Education).

En utilisant le terme « pacte », le Pape fait référence à l’urgence de recomposer quelque chose qui s’est brisé, qui s’est séparé, qui est entré en conflit. Il considère l’urgence de générer et de renforcer un pacte – qui existait autrefois, quoique tacitement – entre la famille, la société civile et les responsables publics, au bénéfice de l’avenir des jeunes générations, des enfants et de celles qui viendront.

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LA VIOLENCE DÉSARMÉE PAR LE PARDON ? Dina, Joseph et leurs frères
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Beaucoup connaissent l’histoire de Joseph et de ses frères, mais peu savent qui est Dina, la fille unique de Jacob, dont livre de la Genèse consacre un chapitre entier à raconter l’histoire dramatique. Les parcours de Dina et Joseph, nés du même père, mais de mères différentes, se déroulent en parallèle et, dans les deux cas, impliquent Jacob et les autres frères dans le bien et surtout dans le mal. Ce sont des histoires empreintes d’amour déséquilibré, de violence et de représailles qui, en partie, se ressemblent, mais diffèrent néanmoins sur un aspect qui s’avérera décisif.

Dina est la dernière fille que Jacob a eue avec Léa. Le texte biblique mentionne sa naissance, après ses autres frères, sans ajouter de détails : « Et ensuite [Léa] enfanta une fille et l’appela Dina » (Gn 30,21). Le chapitre 34 du livre de la Genèse parle plus longuement d’elle dans le contexte des relations difficiles entre Jacob, à peine rentré en Canaan après de nombreuses années d’absence, et les habitants de la ville de Sichem où Israël avait campé, c’est-à-dire dans un contexte de tensions entre nomades et citadins. Au centre de l’histoire se trouve Dina, qui sort voir les filles de la ville et est enlevée par Sichem, fils du seigneur de cette ville : « Mais Sichem, fils de Hamor le Hivvite, prince de ce pays, la vit ; il la prit, coucha avec elle et la viola. Son âme s’attacha à Dina, fille de Jacob ; il aima la jeune fille et parla à son cœur. Puis il dit à Camor, son père : “Prends-moi pour femme cette jeune fille” » (Gn 34,2-4).

C’est l’histoire crue d’un viol contre une jeune fille à travers une succession rythmée de verbes qui montrent en séquence l’action brutale : le regard de Sichem se pose sur la jeune fille, il la prend, couche avec elle et la rend lui fait violence.

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