ATTENTION PASTORALE POUR LES PERSONNES DÉPLACÉES CLIMATIQUES
Last Updated Date : 22 juin 2021
Published Date:21 juin 2021

Après les Lignes directrices pour la pastorale des réfugiés (2013) et celles pour les personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays (2020), c’est au tour d’un document sur les personnes déplacées en raison du climat : Orientations pastorales sur les déplacés climatiques.[1] Il s’agit d’un outil de sensibilisation et d’action. Comme l’a rappelé le pape François à l’occasion de la « Journée de la Terre » (22 avril 2021), « les choses que nous nous disons depuis longtemps ne doivent pas tomber dans l’oubli. […] Le temps nous presse et comme nous l’a appris le Covid-19, oui nous avons les moyens de relever le défi. Nous en avons les moyens. Il est temps d’agir, nous sommes à la limite. »[2] Mais les Orientations pastorales sur les déplacés climatiques nous aident d’abord et avant tout à voir. L’alternative, comme nous le rappelle le Pape dans la préface du document, est de « voir ou ne pas voir » : tout commence par le regard que nous portons sur la réalité, « la mienne et la tienne ».

Tout d’abord, il faut reconnaître qu’une crise climatique est en cours. En effet, si depuis plus de 40 ans (Genève 1979) les scientifiques tirent la sonnette d’alarme (et renouvellent périodiquement cet appel vital : Rio 1992 ; Kyoto 1997 ; Paris 2015) sur la nécessité d’agir face au changement climatique, le chemin à parcourir est encore long. Nous devons voir le visage humain de cette crise, c’est-à-dire comprendre qu’elle a un impact immédiat ou à long terme sur les personnes, et souvent sur les plus vulnérables. Enfin, il faut voir pour comprendre que la crise climatique a aussi des liens avec les déplacements : beaucoup de personnes, à cause d’elle, se mettent en route. Selon un récent rapport publié à l’occasion de la « Journée de la Terre 2021 » par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) : « L’urgence climatique est la crise majeure de notre époque et le déplacement est l’une de ses conséquences les plus dévastatrices. Des populations entières en subissent déjà les conséquences, mais les personnes vulnérables vivant dans certains des pays les plus fragiles et les plus touchés par les conflits sont touchés de manière disproportionnée. »[3]

 

Qui sont les déplacés climatiques

Les déplacés climatiques (Climate Displaced People = CD désormais, comme le fait le document), aussi appelées migrants climatiques, réfugiés environnementaux, éco-réfugiés, sont des personnes ou des groupes de personnes forcés de quitter leur lieu de résidence habituel en raison d’une crise climatique (Le HCR recommande l’expression « personnes déplacées dans le contexte de catastrophes et de changements climatiques »). Techniquement, ils ne constituent pas une catégorie identifiée par la Convention de Genève de 1951 sur la reconnaissance du statut de réfugié. Celle-ci considère en effet comme réfugiée une personne qui franchit une frontière internationale parce qu’elle craint avec raison d’être persécutée en raison de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques. Les CD ne sont donc pas toujours considérés comme un groupe à protéger. Cependant, selon le HCR, « bien qu’il ne s’agisse pas d’une expression officiellement reconnue, beaucoup de ceux que nous appelons les « réfugiés climatiques » ont droit aux formes de protection reconnues par la communauté internationale ».[4] La législation, tant nationale qu’internationale, commence également à être sans équivoque unique à cet égard.[5]

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[1].       Section Migrants et Réfugiés – Secteur de l’écologie intégrale – Dicastère pour le service du développement humain intégral, Orientations pastorales sur les déplacés climatiques, 30 mars 2021.

[2].       François, Message vidéo à l’occasion du « Jour de la Terre », 22 avril 2021.

[3].       Hcr, Les déplacé en première ligne de l’urgence climatique, 22 avril 2021.

 

[4].       Hcr-Italie « Les réfugiés climatiques existent-ils ? », www.unhcr.org/it/risorse/carta-di-roma/fact-checking/esistono-i-rifugiati-climatici

[5].       Voir la position du Comité des droits de l’homme des Nations unies sur l’affaire « L’ioane Théitiota vs Nouvelle-Zélande ».

[6].       Cf. Internal Displacement Monitoring Centre, Global Report on Internal Displacement 2020, Ginevra 2020, in www.internal-displacement.org

[7].       Cette définition est apparue l’une des premières fois dans Migration et global Environnement Changement. Défis et opportunités futurs, 2011, en www.gov.uk

 

[8].       S. Oh, «Per una conversione ecologica», in Civ. Catt. 2021 I 526.

 

[9] .     Commission européenne, Plan d’action pour l’intégration et l’inclusion 2021-2027, Bruxelles, le 24 novembre 2020, en www.ec.europa.eu

[10]      Voir François, Document sur la fraternité humaine pour la paix mondiale et la coexistence commune, Abu Dhabi, 4 février 2019, en www.vatican.va

[11].     Cf. M. Villa (ed.), Le città globali e la sfida dell’integrazione, Milano, ISPI, 2018: cfr www.ispionline.it

 

[12].     François, Encyclique Fratelli tutti, nn. 209-210.

 

[13].     Voir Benoît XVI, Homélie pour le début solennel du ministère pétrien, 24 avril 2005.

[14].     Francesco, Encyclique Laudato si’, n. 217.